06/03/2026 | News release | Distributed by Public on 06/03/2026 22:26
Cette percée diplomatique intervient à un moment délicat pour l'organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Miné par les rivalités entre grandes puissances et paralysé à plusieurs reprises par l'usage du droit de veto, le Conseil peine à répondre aux crises majeures qui secouent la planète, de l'Ukraine à Gaza.
Aux côtés du Kirghizstan, l'Autriche, le Portugal, Trinité-et-Tobago et le Zimbabwe ont également été élus pour un mandat de deux ans, à compter du 1er janvier 2027.
Le scrutin le plus disputé concernait le siège asiatique. Dès le premier tour, le Kirghizstan a pris l'avantage avec 105 voix contre 85 pour les Philippines. Son avance s'est ensuite progressivement consolidée jusqu'au quatrième tour, où il s'est imposé par 142 voix contre 49.
Pour Bichkek, l'élection marque une étape symbolique. Le pays n'avait jamais siégé au Conseil depuis son adhésion à l'ONU en 1992. Dans la salle de l'Assemblée générale, les diplomates kirghiz ont longuement célébré ce résultat avec leurs homologues venus les féliciter.
L'Autriche et le Portugal ont, quant à eux, remporté les deux sièges attribués au groupe des États d'Europe occidentale et autres États. Trinité-et-Tobago a obtenu le siège du groupe Amérique latine et Caraïbes, tandis que le Zimbabwe représentera le groupe africain.
UN Photo/Eskinder Debebe La délégation du Zimbabwe célèbre son élection en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité.Si l'élection des membres non permanents attire généralement moins l'attention que les crises débattues au Conseil, elle revêt cette année une portée particulière. Les dix membres élus ne disposent pas du droit de veto réservé aux cinq membres permanents - États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. Ils peuvent néanmoins peser sur les négociations, façonner des compromis diplomatiques et porter les préoccupations de leurs régions respectives.
Or le Conseil traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Les profondes divisions entre ses membres permanents ont régulièrement empêché l'adoption de résolutions sur certains des conflits les plus sensibles de la décennie. Les débats sur l'Ukraine, puis sur la guerre à Gaza, ont mis en lumière les limites d'une institution créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et dont l'équilibre géopolitique reflète encore largement le rapport de forces de 1945.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a d'ailleurs répété à plusieurs reprises que les institutions internationales demeurent « bloquées dans le monde tel qu'il était en 1945, et non dans celui d'aujourd'hui ».
Cette critique nourrit depuis plusieurs années les appels à une réforme du Conseil. Les pays africains, notamment, dénoncent l'absence de représentation permanente d'un continent qui compte pourtant 54 États membres. D'autres gouvernements réclament également une place plus importante pour les pays émergents et les nations du Sud.
À partir de janvier 2027, le Kirghizstan, l'Autriche, le Portugal, Trinité-et-Tobago et le Zimbabwe remplaceront le Danemark, la Grèce, le Pakistan, le Panama et la Somalie.
Ils prendront place autour de la célèbre table en fer à cheval du Conseil avec une mission devenue plus complexe que jamais : tenter de faire fonctionner une institution dont l'autorité reste indispensable, mais dont les blocages alimentent de plus en plus les critiques.