UNOG - United Nations Office at Geneva

04/16/2026 | News release | Distributed by Public on 04/16/2026 22:24

Affaire Epstein : des experts réclament une enquête sur les allégations de trafic d'êtres humains

Des experts indépendants des droits de l'homme de l'ONU ont appelé jeudi à la justice et à la reddition des comptes en faveur des jeunes femmes et des filles qui ont été systématiquement victimes de traite, dans le cadre des allégations contenues dans l'affaire Epstein.

Les experts nommés par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ont également lancé une mise en garde générale concernant la « violence persistante des systèmes de pouvoir patriarcaux » révélée par les « dossiers Epstein », que le ministère américain de la Justice a commencé à rendre publics à la fin de l'année dernière.

Cette vaste collection de documents, de photographies, de registres de vols en avion et d'autres éléments liés aux enquêtes sur les activités de Jeffrey Epstein - financier new-yorkais décédé et agresseur sexuel de mineurs - a fait l'objet d'importants débats juridiques et politiques ces derniers mois, à Washington et ailleurs.

Appel à une enquête transparente

« Nous sommes gravement préoccupés par les allégations crédibles contenues dans les 'dossiers Epstein' faisant état d'un trafic systémique de jeunes femmes et de filles à des fins d'exploitation sexuelle, et nous appelons à une enquête complète et transparente », ont déclaré les experts dans un communiqué de presse.

Ces allégations mettent en cause de hauts responsables politiques, des personnalités publiques, des diplomates, des chefs d'entreprise de premier plan et d'éminents universitaires. Elles décrivent un trafic généralisé de filles et de jeunes femmes traversant de multiples frontières internationales, et ce, sur plusieurs décennies.

Cette situation met en lumière la discrimination et la violence profondément enracinées inhérentes aux systèmes de pouvoir patriarcaux, ainsi que les défaillances associées en matière de reddition des comptes, ont souligné Siobhán Mullally, Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains (en particulier les femmes et les enfants), et les cinq membres du Groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles.

Les experts ont rappelé que la traite des enfants et des jeunes femmes constitue une infraction pénale grave ainsi qu'une violation flagrante des droits humains. Ils ont par ailleurs exprimé leur profonde préoccupation face à la réponse « totalement inadéquate » apportée par les gouvernements nationaux et les forces de l'ordre.

Une culture de l'impunité

« L'incapacité à garantir la reddition des comptes perpétue une culture de l'impunité qui nuit de manière disproportionnée aux femmes et aux filles, et qui compromet la promesse d'une protection égale telle que garantie par le droit international des droits humains », indique le communiqué des experts indépendants.

De plus, la traite des enfants à des fins d'exploitation sexuelle brise des enfances et entraîne des conséquences dévastatrices à long terme pour les victimes.

Les experts ont rappelé aux gouvernements leur obligation de prévenir la traite, de protéger les victimes et de garantir l'accès à la justice ainsi que l'existence de recours effectifs, y compris l'octroi de réparations.

Soutien aux victimes

« Les victimes et les survivantes doivent être placées au cœur de toute réponse efficace à la traite des êtres humains, une réponse qui soit à la fois sensible aux traumatismes et soucieuse de l'égalité des genres », précise le communiqué. « Les États doivent garantir une assistance médicale - incluant des services de santé sexuelle et reproductive -, un soutien psychosocial, ainsi que des mesures de réinsertion sociale et de rétablissement à long terme ».

Alors que l'attention mondiale portée à cette affaire commence à s'essouffler, les experts ont appelé à des actions concrètes, à l'établissement des responsabilités et à l'adoption de mesures urgentes pour garantir l'accès à la justice, ainsi que l'octroi de réparations, des garanties de non-répétition et la transparence.

« Les États ont l'obligation d'agir, et cette obligation n'a que trop tardé », ont-ils affirmé.

Tous les experts nommés à titre indépendant tirent leur mandat du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, basé à Genève. Ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne perçoivent aucune rémunération pour leur travail.

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