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07/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/23/2026 09:26

Aucune initiative diplomatique n’est vaine, promet le Secrétaire général en priant le Conseil de sécurité et les États Membres de montrer l’exemple

On trouvera, ci-après, le texte de l'allocution du Secrétaire général de l'ONU, M. António Guterres, prononcée lors du débat du Conseil de sécurité consacré au règlement pacifique des différends, à New York, aujourd'hui:

Je remercie la République démocratique du Congo et le Pakistan d'avoir organisé le débat public d'aujourd'hui.

Dans sa résolution 2788, le Conseil demande instamment à tous les États Membres d'utiliser pleinement et efficacement les mécanismes de règlement pacifique des différends prévus par la Charte des Nations Unies.

Ils sont énumérés à l'Article 33.

Ces moyens constituent l'essence même de la diplomatie, du dialogue et du droit international:

La négociation. L'enquête. La médiation. La conciliation. L'arbitrage. Le règlement judiciaire. Les organismes ou accords régionaux. Et tout autre moyen pacifique que les parties pourraient choisir.

Ces outils n'ont pas été conçus pour les moments de consensus.

Ils ont été conçus pour les situations où le consensus semble hors de portée.

Quand les divisions deviennent trop profondes.

Quand les solutions se font rares.

Et quand la violence éclate.

En d'autres termes, ces instruments ont été conçus pour des périodes comme celle que nous traversons.

Aujourd'hui, les conflits sont de plus en plus nombreux, complexes, longs et étendus.

Nous assistons à un mépris alarmant du droit international.

L'impunité gagne du terrain.

Les violations restent sans réponse.

Chaque violation qui reste sans réponse crée un précédent pour la suivante.

La confiance s'érode.

Et il devient de plus en plus difficile de parvenir à des règlements négociés et de les préserver.

Quand les parties privilégient les solutions militaires au détriment des règlements négociés, ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut.

Nous le voyons de manière flagrante au Moyen-Orient, où les conséquences sont dévastatrices pour la région et le monde entier.

La situation devient de plus en plus incontrôlable.

Elle est au bord de l'impensable.

La région est entraînée dans un cercle de confrontation toujours plus large.

Une crise en alimente une autre. Une escalade en entraîne une autre.

À mesure que cette dynamique s'étend, les objectifs politiques s'effacent de plus en plus derrière la logique même de l'affrontement.

Il est temps de revenir en arrière.

Les attaques contre les infrastructures civiles sont inacceptables.

Il n'existe aucune solution militaire à ce conflit.

Les combats doivent cesser dans toute la région.

Les droits et libertés de navigation internationaux dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, ainsi qu'à leurs abords, doivent être pleinement rétablis.

La diplomatie est la seule voie à suivre.

C'est le message clair et constant que je porte dans les échanges que je poursuis avec les dirigeants.

Je tiens à saluer les efforts de médiation du Pakistan, ainsi que ceux des pays de la région qui s'emploient à réduire les tensions et à ouvrir un espace de dialogue.

Ces efforts doivent être soutenus et renforcés pour ouvrir la voie à un règlement pacifique et durable.

Pendant ce temps, à Gaza, malgré le prétendu cessez-le-feu, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut chaque jour.

Des personnes sont tuées chez elles, au sein de leur communauté ou dans l'accomplissement des gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne, tandis qu'Israël renforce son emprise sur Gaza.

Dans le même temps, les conditions de vie restent intolérables et des maladies effroyables se propagent, tandis que les opérations humanitaires demeurent gravement entravées.

Une analyse de la sécurité alimentaire publiée ce matin même par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) met en évidence la fragilité de la situation.

Malgré l'action vitale de l'aide humanitaire, le nombre de personnes confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire devrait augmenter dans les mois à venir pour atteindre 1,4 million - soit environ 70% de la population.

Tel est le lourd tribut des restrictions imposées à l'acheminement de l'aide et de la poursuite des violences.

En Cisjordanie occupée, nous assistons à une annexion rampante, marquée par les violences, l'expansion des colonies, de vastes opérations militaires israéliennes et des déplacements massifs de population.

En Ukraine, au Sahel, au Soudan et dans bien d'autres endroits, les conflits infligent d'immenses souffrances, bouleversent les moyens de subsistance et déracinent les populations, avec des conséquences humanitaires désastreuses.

La résolution 2788 nous rappelle une vérité fondamentale:

La diplomatie n'a peut-être pas permis de prévenir ces conflits.

Mais elle a toujours le pouvoir d'y mettre fin.

Nous sommes appelés à appliquer la résolution 2788, et je vois six domaines dans lesquels nous pouvons renforcer nos mécanismes collectifs de règlement pacifique des différends.

Premièrement, en renforçant l'ensemble des services de bons offices et d'appui à la médiation qu'offre le Secrétariat de l'ONU.

Dans la résolution, le Conseil a réaffirmé le rôle que lui conférait le Chapitre VI de la Charte.

Mais il m'a également encouragé à continuer d'exercer mes bons offices et à veiller à ce que l'ONU soit à même de diriger et faciliter les efforts de médiation et de diplomatie préventive.

En aidant à surmonter les divergences.

En favorisant des analyses communes des menaces potentielles, éclairées par les informations recueillies par nos équipes présentes partout dans le monde.

En offrant aux États Membres des options leur permettant d'agir et de parvenir à un consensus.

Cette démarche exige de tirer pleinement parti de nos capacités politiques et techniques, au Siège comme sur le terrain.

Les opérations de paix des Nations Unies, à savoir les missions politiques spéciales et les opérations de maintien de la paix, jouent un rôle important à cet égard, et feront l'objet d'un examen dont les conclusions seront publiées sous peu.

La démarche exige également de nouer le dialogue très tôt, notamment en recourant à la navette diplomatique, en organisant des tournées d'écoute et des pourparlers exploratoires et en contribuant à ouvrir un espace politique propice au dialogue et à la médiation.

Ces efforts se poursuivent.

Au Soudan, par exemple, mon Envoyé personnel dialogue avec les parties afin de les encourager à la retenue et de contribuer à prévenir une escalade.

En mai, l'ONU a contribué à un accord historique entre le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les rebelles houthistes, devant permettre la libération de plus de 1 600 personnes détenues dans le cadre du conflit.

En outre, le Groupe de l'appui à la médiation et l'Équipe de réserve de conseillers principaux pour la médiation du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix continuent d'être déployés à grande échelle pour appuyer les activités de médiation menées par l'ONU et nos partenaires.

Deuxièmement, nous devons tirer pleinement parti de notre réseau de bureaux régionaux et d'envoyés, et l'étoffer lorsqu'il y a lieu.

Les conflits d'aujourd'hui revêtent de plus en plus un caractère régional.

La diplomatie préventive et le rétablissement de la paix doivent donc également s'inscrire dans une perspective régionale.

Nos bureaux régionaux et nos envoyés comptent parmi nos instruments les plus efficaces pour mener une diplomatie préventive, favoriser la coopération régionale et créer un espace propice aux solutions politiques.

Ils nous aident aussi à concrétiser notre partenariat avec les organisations régionales.

On en trouve une illustration dans ce qu'a déclaré devant vous la semaine dernière mon Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel.

Son action diplomatique, qu'il mène sans relâche, vise à faire émerger des approches consensuelles dans une région profondément divisée.

Les bureaux régionaux et les envoyés des Nations Unies permettent d'agir avec souplesse et à moindre coût.

Ancrés dans l'infrastructure diplomatique permanente des régions, ils nouent des relations de travail avec des acteurs essentiels.

Ils peuvent nous aider à maintenir le dialogue sur le plan politique même quand nos missions sur le terrain se retirent.

Troisièmement, ce Conseil ne doit pas perdre de vue la responsabilité qui lui incombe d'agir rapidement et avec détermination.

En recourant aux outils prévus au Chapitre VI le plus en amont possible, le Conseil peut contribuer à réduire les tensions, encourager la retenue et empêcher que les différends ne dégénèrent.

Il peut également donner une impulsion décisive à mes bons offices, notamment par l'action menée par mes envoyés.

Des cessez-le-feu aux dispositifs de maîtrise des armements, en passant par les mécanismes de désescalade, le Conseil peut également recourir à des mesures de confiance pour apaiser la tension dans les conflits qui s'intensifient et contenir la violence pendant que se poursuit la recherche de solutions politiques.

Quatrièmement, le Conseil de sécurité devrait recourir plus régulièrement à l'établissement des faits.

Très souvent, les divergences au Conseil tiennent à des interprétations différentes de ce qui se passe réellement sur le terrain.

Les auteurs de la Charte avaient prévu l'Article 34 précisément à cette fin: favoriser une compréhension commune et sans fard des faits à l'origine de tout différend ou de toute situation qui pourrait entraîner un désaccord entre nations ou engendrer un différend, avant que la paix et la sécurité internationales ne soient menacées.

Dans sa résolution 2788, le Conseil s'est expressément dit prêt à recourir à l'Article 34.

À cette fin, outre les missions d'enquête qu'il mandate, le Conseil devrait envisager de renouer avec sa pratique consistant à se rendre dans les pays ou les régions touchés par des conflits ou des différends afin d'y établir les faits.

Le Secrétariat se tient prêt à lui apporter son concours, le cas échéant.

Cinquièmement, dans la résolution 2788, le Conseil souligne qu'il importe d'adopter des approches inclusives pour régler pacifiquement les différends.

Pour ce faire, il convient avant tout de garantir la participation pleine, égale et véritable des femmes à tous les niveaux de décision.

Tant que les inégalités de pouvoir feront obstacle à la participation de la moitié de nos sociétés, la paix demeurera hors de portée.

Il faut aussi que les jeunes participent véritablement aux mécanismes de prévention des conflits et de règlement des différends, et qu'une société civile forte contribue à instaurer la confiance et la solidarité.

Sixièmement enfin, j'appelle chaque État Membre à faire sa part.

Je salue les efforts inlassables que de nombreux États Membres déploient chaque jour pour faire avancer la paix.

Aucune initiative diplomatique n'est vaine.

Aucune tentative de dialogue n'est inutile.

En prenant des mesures en faveur du règlement pacifique des différends, les États Membres contribuent à bâtir la confiance en créent un espace plus propice à l'engagement politique essentiel de l'ONU, ainsi qu'à la contribution des organisations et coalitions régionales et multilatérales.

Pour appuyer ces efforts, l'Organisation des Nations Unies se tient prête à mettre son expertise technique et opérationnelle, son savoir-faire et ses services à la disposition de l'ensemble de ses États Membres.

La Charte des Nations Unies demeure le meilleur espoir de paix pour l'humanité.

Mais elle n'est aussi forte que l'engagement de celles et ceux qui ont la responsabilité de la faire respecter.

Les membres de ce Conseil doivent montrer l'exemple.

Les divisions géopolitiques ne sauraient justifier l'inaction ou le renoncement.

La plupart des situations inscrites à l'ordre du jour du Conseil sont complexes.

La meilleure voie vers la paix passe par le compromis et la recherche d'un terrain d'entente.

J'exhorte tous les membres de ce Conseil à:

Faire preuve de l'esprit de compromis indispensable à la paix.

Maintenir ouverts les canaux du dialogue.

Et ne ménager aucun effort pour parvenir au règlement pacifique des différends - un principe fondateur de notre Organisation.

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