UNOG - United Nations Office at Geneva

06/10/2026 | News release | Distributed by Public on 06/10/2026 11:28

Ebola : le risque élevé reste limité aux pays voisins de la RDC et de l’Ouganda, selon l’OMS

L'épidémie de virus Ebola Bundibugyo qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda continue de faire peser un risque élevé sur les pays voisins, où la surveillance aux frontières a été renforcée. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime toutefois que le risque de propagation au-delà des zones frontalières demeure faible.

A ce jour, aucun cas confirmé n'a été signalé dans les pays partageant des frontières terrestres avec ces deux États. Ces pays ont toutefois renforcé la surveillance aux points d'entrée, avec des niveaux de mise en œuvre variables.

Selon l'OMS, le risque à l'échelle mondiale reste inchangé et demeure « faible ».

Le risque de propagation mondiale toujours « faible »

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« L'exportation de cas par le biais des voyages internationaux, en particulier pendant la période d'incubation asymptomatique, est possible et peut être envisagée ; toutefois, cela ne modifie pas l'évaluation globale des risques, et le risque de propagation mondiale reste faible », a détaillé l'agence onusienne dans son dernier rapport.

Cette évaluation mondiale masque toutefois des situations contrastées selon les pays concernés par l'épidémie. Le niveau de risque pour l'Ouganda est toujours jugé « élevé ».

Si Kampala demeure exposé en raison des cas importés enregistrés sur son territoire, la situation reste encore plus préoccupante en RDC où l'épidémie continue de progresser vers de nouvelles zones sanitaires, ce qui accroît le risque de propagation nationale et régionale.

Alors que l'origine de l'épidémie fait toujours l'objet d'une enquête, l'OMS pointe du doigt des liens épidémiologiques et une chaîne complète de transmission, qui ne sont pas encore clairement établis.

Dans ce contexte marqué par des incertitudes persistantes sur les mécanismes exacts de transmission, les données les plus récentes témoignent néanmoins d'une aggravation rapide de l'épidémie.

22 guérisons en RDC

Entre le 22 mai et le 6 juin 2026, le nombre de cas confirmés a été multiplié par plus de huit, passant de 63 à 515 cas, tandis que le nombre de zones sanitaires comptant des cas confirmés a augmenté de 56 % (passant de 16 à 25). Pour l'agence onusienne, cela indique « une intensification de la transmission.

L'épidémie s'est également étendue géographiquement, des cas de transmission ayant été signalés dans de nouvelles zones sanitaires des provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. L'épidémie touche désormais 25 zones sanitaires réparties entre les provinces de l'Ituri (17), du Nord-Kivu (sept) et du Sud-Kivu (une), de nouvelles zones touchées ayant été identifiées tant dans l'Ituri qu'au Nord-Kivu. Au total, près de 160 zones sanitaires sont actuellement considérées comme touchées ou à risque. Selon l'OMS, cette classification souligne l'ampleur géographique de la réponse nécessaire pour maîtriser cette épidémie.

Selon les derniers chiffres fournis par les autorités sanitaires congolaises, 598 cas confirmés d'Ebola ont été recensés, dont 115 décès. Trois nouvelles guérisons ont été enregistrées à Rwampara, portant le total en RDC à 22 personnes guéries. Selon un décompte effectué le 6 juin dernier, 5.040 cas contacts avaient été identifiés et faisaient l'objet d'un suivi dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

© OMS/Joël Lumbala Vue aérienne de Mongbwalu, en Ituri, où les équipes sanitaires sont mobilisées contre l'épidémie d'Ebola, avec au premier plan un hôpital de campagne.

Entre conflits, peur et traditions

Le suivi se heurte toutefois à d'importantes contraintes sécuritaires et logistiques dans certaines des zones les plus touchées par l'épidémie. Selon l'OMS, les conflits en cours dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu entravent le transport sécurisé des échantillons de laboratoire, tout en posant des difficultés pour la recherche des contacts, les enterrements dignes et le contrôle des déplacements des contacts à haut risque dans ces zones de conflit.

Au-delà de ces contraintes sécuritaires, d'autres facteurs continuent de compliquer les efforts de surveillance et de contrôle de l'épidémie dans les zones affectées. Selon l'OMS, la forte mobilité des populations - entre activités minières, commerce et soins de santé - complique la surveillance.

La méfiance envers les mesures de prévention, le refus ou le départ des patients des établissements de soins et la désinformation freinent également la détection des cas et la recherche des contacts. Ces obstacles, conjugués à des pratiques funéraires traditionnelles impliquant un contact direct avec les défunts, favorisent la persistance de la transmission et compliquent la mise en œuvre des mesures d'isolement et des enterrements sûrs et dignes.

UNOG - United Nations Office at Geneva published this content on June 10, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 10, 2026 at 17:28 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]