01/28/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/28/2026 08:41
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EnglishDes logements et des entreprises sont désormais chauffés grâce à un nouveau système d'échange de chaleur réutilisant l'eau chaude issue du système de refroidissement du LHC
Et si le plus grand accélérateur de particules du monde pouvait également chauffer des logements ? C'est exactement ce que fait le Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN, grâce à un nouveau système d'échange de chaleur. Depuis la mi-janvier, la chaleur récupérée du LHC alimente un réseau de chauffage pour une nouvelle zone résidentielle et commerciale située dans la ville voisine de Ferney-Voltaire, en France. Inauguré le 12 décembre, ce réseau devrait pouvoir chauffer l'équivalent de plusieurs milliers de foyers. Le réseau n'est pas alimenté par des sources d'énergie traditionnelles, comme le gaz, ce qui permet d'éviter l'émission de milliers de tonnes de CO2.
D'une circonférence de 27 km, le LHC compte huit points de surface. Le point 8 est situé près de Ferney-Voltaire. Les installations qui y sont situées, notamment le système cryogénique, doivent être refroidies à l'eau. À mesure que l'eau circule dans les équipements, ces derniers se refroidissent et l'eau se réchauffe. « Habituellement, l'eau chaude passe ensuite par une tour de refroidissement ; la chaleur est alors libérée dans l'atmosphère et l'eau refroidie peut être réinjectée dans les équipements, explique Nicolas Bellegarde, coordinateur énergie du CERN. Dans la nouvelle configuration, l'eau chaude passe d'abord par deux échangeurs de chaleur de 5 MW, qui transfèrent l'énergie thermique au nouveau réseau de chauffage, à Ferney-Voltaire. »
Le CERN, l'une des sources de ce nouveau réseau, fournit un apport de chaleur chaque fois que cela est possible, tant que cela n'a pas d'impact sur ses activités. Pour le moment, la ville de Ferney-Voltaire utilise au maximum 5 MW d'énergie provenant du CERN, mais avec deux échangeurs de chaleur, cette capacité pourrait théoriquement être doublée, notamment lorsque les accélérateurs du CERN seront pleinement opérationnels. À l'été 2026, le CERN arrêtera le LHC pour plusieurs semaines de travaux de maintenance et d'amélioration, à l'occasion du troisième long arrêt (LS3), en vue de préparer le LHC à haute luminosité. Certaines installations situées au point 8 continueront d'être refroidies, ce qui permettra au CERN de fournir au réseau entre 1 et 5 MW pendant le LS3, hormis pendant cinq mois, échelonnés sur toute la durée du LS3.
L'un des deux échangeurs de chaleur de 5 MW, au point 8 du LHC (Image : CERN)Guidé par son engagement en faveur d'une recherche respectueuse de l'environnement, le CERN a mis en œuvre de nombreuses initiatives afin de réduire l'impact de ses activités sur l'environnement. La récupération d'énergie est un élément clé de la stratégie de gestion de l'énergie du CERN, conformément aux exigences de la norme ISO 50001, au même titre que la limitation, autant que possible, de la consommation d'énergie, et l'amélioration de l'efficacité énergétique. Parmi les autres initiatives menées en la matière, il faut citer l'inauguration en 2024 du Centre de données de Prévessin, qui est équipé d'un système de récupération de chaleur destiné à chauffer la plupart des bâtiments du site de Prévessin à partir de l'hiver 2026-2027, ainsi que le projet de récupération de chaleur des tours de refroidissement du LHC au point 1, destiné à alimenter les bâtiments du site de Meyrin. Ensemble, ces initiatives permettront d'économiser, à partir de 2027, entre 25 et 30 GWh par an - une avancée majeure confirmant l'engagement du CERN en faveur d'une gestion responsable de l'énergie.