Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

03/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/05/2026 11:49

Q&R - Point de presse live (05.03.26)

Q - L'armée israélienne vient d'appeler à l'évacuation de quartiers entiers dans la banlieue sud de Beyrouth. Le président de la République a reçu un appel de son homologue américain. Le Liban a été évoqué par le président français. Que peut faire la France aujourd'hui pour aider le Liban à faire face aux conséquences sécuritaires, économiques et démographiques d'un déplacement massif ?

R - Plusieurs points pour répondre à votre question. Le premier, c'est rappeler les messages que nous avons déjà portés à plusieurs reprises, à savoir que nous ne pouvons accepter quelques opérations que ce soit qui cibleraient des civils. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est le soutien que nous avons apporté, que nous continuons d'apporter au Liban sur le plan politique, sur le plan humanitaire, sur le plan sécuritaire. Et vous le savez, nous devions organiser ce jour une conférence de soutien aux Forces armées libanaises et aux forces de sécurité libanaises qui a dû être reportée pour des raisons évidentes. Pour autant, notre soutien se poursuit. Le président de la République a d'ailleurs indiqué qu'une aide humanitaire serait apportée. Une aide sera également apportée sur le volet sécuritaire. Je ne peux en dire plus à ce stade. Mais en tout cas, soyez assurés de la mobilisation de la France. Et puis notre action, elle porte aussi sur le plan diplomatique. J'ai évoqué les appels du président de la République et du ministre avec leurs homologues israéliens, libanais et de la région. Et donc nous allons poursuivre ce travail diplomatique de façon extrêmement soutenue.

Q - Encore sur le Liban, il y a une information qui circule que le chef d'état-major des armées va se déplacer à Beyrouth. Est-ce que vous êtes en position de confirmer cette information ? Et puis, je sais que vous avez mentionné que la France va soutenir le Liban, mais aujourd'hui, les Libanais se demandent comment vous allez arrêter l'invasion qui est en cours dans le sud. On ne sait pas où cette invasion va s'arrêter. Comment vous allez arrêter ? Mon collègue Hassan a mentionné l'évacuation massive. Maintenant, il y a un flux en masse de civils qui sortent de Beyrouth après cet ordre d'évacuation. Les gens ont vraiment peur de ce qui va venir. Qu'allez-vous leur dire ? Parce qu'il y a beaucoup de Libanais qui voient en la France un vrai allié. Je sais que vous parlez de cette conférence pour soutenir l'armée, mais on ne peut pas attendre cette conférence. Est-ce qu'il y aura une intervention militaire françaises aux côtés de l'armée libanaise pour arrêter Israël, mais aussi peut-être pour arrêter le Hezbollah d'envoyer les missiles, parce que malgré cette décision lundi, le gouvernement est incapable, l'armée a du mal, ils ont arrêté une vingtaine de personnes, mais ils ont du mal à arrêter cette folie qui se passe au Liban.
Et puis ma deuxième question, c'est sur le détroit d'Ormuz. Il y a eu un appel hier entre le président et Donald Trump. Est-ce qu'ils ont discuté de cette sécurisation du détroit parce que les Américains veulent faire la même chose ? Est-ce que les Américains vont faire partie de cette coalition ?

R - Alors, je vais prendre vos questions dans l'ordre. Il y en a quatre de mémoire. Concernant votre première question, s'agissant du déplacement du chef d'état-major des armées à Beyrouth, je n'ai pas de commentaire à faire s'agissant de l'emploi du temps du chef d'état-major, et je vous renverrai volontiers vers le ministère des Armées, qui pourra certainement vous répondre.
S'agissant de votre seconde question et sur la manière d'arrêter une invasion au sud du Liban, j'ai déjà évoqué les contacts diplomatiques qui ont été menés et soyez assurés que des messages très clairs ont été passés au plus haut niveau, puisque j'évoquais un appel du président de la République à son homologue israélien. Nous poursuivons ce travail diplomatique comme je viens de l'indiquer. Et par ailleurs, le président a insisté sur le fait qu'une offensive terrestre serait une escalade dangereuse et une erreur stratégique. Je ne peux pas m'engager sur des opérations militaires et sur ce sujet, il faudra en discuter avec le ministère des Armées. En tout cas, pour notre part, nous l'avons dit plusieurs fois, nous soutenons l'action courageuse des autorités libanaises, les décisions courageuses qu'elles ont prises vis-à-vis du Hezbollah, qui doit cesser ses frappes. Il y a eu notamment des mandats d'arrêt émis par le procureur général, il y a eu des arrestations d'individus à des barrages au sud du Liban par les Forces armées libanaises, et c'est un sujet que nous suivons avec la plus grande attention, donc soyez-en assurés.

Enfin, concernant votre dernière question sur le détroit d'Ormuz, effectivement l'Élysée a confirmé un échange téléphonique entre le président de la République et le président Donald Trump. Il ne me revient pas de détailler le contenu de cet entretien. En tout état de cause, ce que je peux faire, c'est vous renvoyer vers ce que le président de la République a indiqué mardi, à savoir que la situation dans le détroit d'Ormuz et plus globalement la situation du trafic commercial est une préoccupation majeure pour la France et que dans ce contexte, nous souhaitions mobiliser toutes les nations volontaires pour assurer la liberté de navigation dans la région. Concrètement, je tiens quand même à rappeler aussi que nous contribuons déjà pleinement à assurer la liberté et la sécurité de navigation en mer Rouge par des moyens d'escorte et de secours. Et donc maintenant, les équipes sont en train de travailler justement à la mobilisation de ces nations volontaires.

Q - Il y a eu un peu de confusion ce matin sur une information qui nous est parvenue selon laquelle des aéronefs américains auraient eu l'autorisation temporaire d'utiliser des bases militaires françaises au Moyen-Orient. Information par la suite démentie, on nous précise que c'est seulement à Istres pour des opérations qui ne sont pas de combat. Est-ce que vous êtes en mesure de nous confirmer, infirmer cette information ou bien de nous donner des précisions ? S'agit-il d'un rétropédalage, d'une erreur ou d'un malentendu, notamment auprès de l'AFP ?
Et par ailleurs, est-ce que vous pouvez nous préciser, s'agissant de Chypre, les nouveaux moyens militaires encore en coopération avec à la fois la Grèce et l'Italie qui ont été décidés ? S'agit-il de moyens additionnels par rapport à la frégate du Languedoc ? Et quel est l'objectif précis de ces nouveaux moyens militaires ?

R - Sur votre première question, il y a deux choses. Il y a, d'une part, l'utilisation par des aéronefs américains de bases françaises au Moyen-Orient. Sur ce point, cela a été démenti, et donc je vous renvoie vers le démenti du ministère des Armées. Ensuite sur la base d'Istres, qui se trouve elle en France et pas au Moyen-Orient, je vous renvoie au ministère des Armées qui pourra vous en dire davantage sur ces questions extrêmement techniques relatives aux dispositifs militaires, vous comprendrez bien que le Quai d'Orsay n'est pas l'interlocuteur idoine.

En ce qui concerne Chypre, je vais malheureusement devoir aussi vous renvoyer vers le ministère des Armées pour toutes ces questions opérationnelles, puisque ce sont vraiment nos collègues du ministère des Armées qui sont concernés. Je vous rappellerai quand même notre message clair de solidarité avec les pays amis ciblés par des attaques inconsidérées. Et sur Chypre, vous le savez, le président de la République s'est entretenu avec son homologue cette semaine pour marquer sa solidarité. C'est un pays membre de l'Union européenne qui, par ailleurs, assure la présidence du Conseil de l'Union européenne en ce moment. Nous avons avec ce pays une relation bilatérale extrêmement nourrie, un partenariat stratégique signé récemment, et donc dans cette logique, et par solidarité, le président a annoncé l'envoi de moyens de défense antiaérienne supplémentaires et d'une frégate qui est déjà au large de Chypre. Mais pour davantage de détails, nos collègues du ministère des Armées pourront vous renseigner.

Q - Vous nous avez exposé la lecture de la France quant aux récents événements. J'ai plusieurs questions. Sur l'Iran, vous avez dit que la responsabilité de cette situation incombe à l'Iran, vous avez parlé de provocation et de la situation intérieure en Iran. Les Américains n'ont absolument pas parlé de ça. Donald Trump a évoqué une guerre préventive, de même qu'Israël. Il est avéré maintenant qu'il n'y avait pas de plan d'agression de la part de l'Iran, ni d'armes nucléaires, ni d'armement nucléaire, toutes les agences de renseignement sont d'accord là-dessus. Donc de quoi vous parlez quand vous dites que la responsabilité incombe à l'Iran, alors que c'est évidemment une guerre d'agression illégale, comme vous l'avez vous-même d'ailleurs mentionné, vous avez dit que vous ne soutenez pas, donc de quelle provocation l'Iran serait responsable envers ceux qui l'ont provoqué ?

R- Sur l'Iran, nous avons clairement dit qu'un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable, je me permets de le rappeler, et qu'une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques. Pour nous, c'est le plus important. En ce qui concerne la position de l'Iran, certes, comme vous le notez vous-même, j'ai rappelé la qualification que nous avions faite de ces frappes israéliennes et américaines qui s'étaient déroulées en dehors du cadre du droit international, mais j'ai aussi insisté, et je me permets d'insister de nouveau, sur le fait que, pour nous, la responsabilité première incombe à l'Iran. Pourquoi ? Parce que c'est l'Iran qui a développé un programme nucléaire contre un nombre important de résolutions du Conseil de sécurité. C'est l'Iran qui a développé un programme balistique contribuant à l'instabilité régionale, et c'est l'Iran qui a par ailleurs activé des soutiens dans d'autres pays pour contribuer encore plus à cette instabilité régionale. Je rappelle aussi que c'est l'Iran qui a, encore en janvier, retourné ses armes contre son peuple. Et donc, dans un contexte de négociations bloquées, nous considérons que la responsabilité première de ces frappes incombe à l'Iran.

Q - Même Marco Rubio a dit que les États-Unis sont partis en guerre poussés par Israël, que c'est une guerre en premier israélienne. Venons-en juste maintenant à Israël, qui au Liban est en train de frapper massivement, tuant des centaines de civils et provoquant le déplacement de dizaines de milliers, voire très bientôt de centaines de milliers de Libanais. La FINUL a signalé plus de 10.000 violations du cessez-le-feu par Israël, bien avant les récentes actions du Hezbollah. Le Hezbollah a mené des attaques qui ont provoqué zéro mort en Israël. Et vous dites que la responsabilité première de ce que subit le Liban est le Hezbollah, alors que c'est Israël qui tue. Est-ce que vous pouvez nous expliquer cette logique ?

R - Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Je crois que…

Q - Vous ne pointez pas la responsabilité d'Israël. Vous ne condamnez pas ce que fait Israël, en fait. Vous dites que tout est de la faute du Hezbollah. Vous n'avez pas prononcé un terme qui condamne ce que fait Israël, qui est en train de tuer des gens au Liban, des centaines de civils.

R- Il y a plusieurs choses. Il y a d'abord la situation régionale et l'escalade régionale avec, on le voit, les frappes de l'Iran qui ont des répercussions ensuite sur la situation au Liban et qui ont poussé le Hezbollah à tirer sur Israël. Ces frappes, nous les avons condamnées et je rappelle par ailleurs que nous avons aussi salué les décisions prises par les autorités libanaises contre le Hezbollah dans ce contexte.

S'agissant d'Israël, et je vais me répéter malheureusement, le président de la République a aussi été extrêmement clair sur le fait qu'Israël ne devait pas se risquer à une opération terrestre. Et là-dessus, nous avons porté des messages très clairs et nous continuons de le faire.

Q - J'ai deux petites questions, je vous laisserai répondre, ensuite je lâche le micro. En termes de clarté, permettez-moi de vous dire que la position de la France n'apparaît pas très claire, du point de vue de nombreux observateurs. En revanche, l'Espagne a quant à elle été très claire, a pris une position très claire contre la guerre d'agression d'Israël et des États-Unis contre l'Iran, et qui provoque un danger pour le monde entier, comme vous l'avez dit. Et l'Espagne est aujourd'hui la cible de Donald Trump, qui dit vouloir sanctionner l'Espagne. Que va faire la France par rapport à l'Espagne, qui est membre de l'Union européenne, en défense de l'Espagne, en soutien à l'Espagne ? Allez-vous faire quelque chose ?
Et dernière question, et après je vous laisse. Je sais de source sûre que la France a refusé explicitement de participer aux travaux du groupe de la Haye, qui est un groupe qui prône l'application du droit international concernant la Palestine, concernant les Territoires palestiniens. Et notamment, en application de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice de juillet 2024 concernant la Palestine. Il y a eu une réunion hier de ce groupe de la Haye qui a réuni près de 40 personnes, dont plusieurs pays européens, comme la Suisse, la Norvège et l'Espagne. Pourquoi la France refuse de participer à ce groupe qui soutient l'ONU, un peu en alternative à ce que Donald Trump appelle le Conseil de la paix ? Pourquoi vous ne soutenez pas un groupe qui fait un travail de défense du droit international alors que vous prétendez défendre le droit international ?

R - Je vais répondre à votre dernière question d'abord. Je n'ai pas d'éléments sur cette réunion, donc je ne pourrai pas vous renseigner, mais on va revenir vers vous sur ce sujet, je vous l'assure. Je me permets quand même de rappeler notre attachement indéfectible au multilatéralisme, au système onusien et au strict respect du droit international. Nous avons toujours apporté notre plein soutien à la Cour internationale de justice. La France a notamment voté en faveur de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies de septembre 2024, endossant l'avis consultatif de la CIJ de juillet 2024. Voilà ce que je peux vous dire.

Sur votre première question, concernant l'Espagne, nous respectons les décisions de l'Espagne en ce qui concerne sa souveraineté. Et face aux menaces commerciales qui ont été brandies par le président américain, le président Macron a eu l'occasion hier d'exprimer la solidarité européenne de la France à Pedro Sánchez.

Q - Sur le rapatriement, est-ce que vous avez un chiffre actualisé du nombre de Français bloqués au Moyen-Orient à cause des frappes ? Vous avez évoqué 400.000 tout à l'heure. Est-ce que c'est ce chiffre, toujours actualisé ? Ça, c'est la première question.
Et deuxième question, est-ce qu'il y a quelque chose de prévu pour les Français qui sont bloqués à l'étranger, ceux qui avaient un vol, par exemple, ou un changement qui devait passer par Dubaï, par exemple ?

R- Sur les retours, plusieurs chiffres ont été évoqués. Je tiens quand même à clarifier les choses. 400.000, c'est le nombre de ressortissants français, tous types de populations confondues, qui sont actuellement au Proche et au Moyen-Orient. Il peut s'agir de Français résidents, et il peut s'agir de Français de passage. En ce qui concerne les Français de passage, à ce stade, nous en avons répertorié 36.000. Ce chiffre de 36.000 ne reflète peut-être pas la réalité, mais il correspond au nombre de personnes qui se sont inscrites sur le Fil d'Ariane. Et j'en profite pour vous faire un appel, et un appel à ceux qui nous regardent, pour vous inscrire, si vous êtes de passage au Proche et au Moyen-Orient, sur le fil d'Ariane. Cela permet aux ambassades de vous répertorier et de vous porter assistance. À ce stade, on dénombre 36.000 personnes inscrites sur Ariane, que l'on considère comme des Français de passage. Parmi ces Français de passage, vous le savez, je le disais à l'instant, nous travaillons sur des solutions de retour par différents canaux et nous nous concentrons actuellement sur les personnes vulnérables. Ensuite, pour les personnes qui sont bloquées, car en transit et en qui sont dans l'incapacité de prendre un vol pour l'instant le Centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay est en contact avec eux. J'ai évoqué, durant mon introduction, la mise en place d'une cellule de crise. Vous le savez, les équipes sont mobilisées nuit et jour à Paris et dans les ambassades, et donc elles peuvent aussi, au cas par cas, étudier la situation de nos compatriotes qui seraient bloqués.

Q - La Chine a annoncé hier qu'elle allait envoyer un émissaire pour assurer une médiation au Moyen-Orient. Est-ce que le ministre chinois a abordé ce sujet avec M. Barrot, lors de leur appel ?
La France est-elle depuis en contact avec Pékin au sujet de ses missions ? Et y a-t-il de nouveaux appels prévus entre les deux ministres ?

R - Concernant le fait de savoir si une médiation chinoise avait été évoquée lors de l'appel entre le ministre Barrot et M. Wang Yi, je n'ai pas d'informations. À ce stade, nous avons publié un communiqué sur le sujet qui liste les différents sujets évoqués. L'entretien a été l'occasion d'évoquer la situation au Moyen-Orient, mais je n'ai malheureusement pas davantage de détails à vous donner. Ensuite, sur votre autre question, concernant un prochain appel entre les deux ministres, ça je ne le sais pas, mais ce que je vous indiquais en introduction, c'est que Jean-Noël Barrot va poursuivre les appels avec ses homologues. Et donc on ne peut pas exclure qu'il en ait un avec son homologue chinois.

Q - Je voulais compléter la question sur les ressortissants français. Est-ce qu'on sait à ce stade combien de personnes ont fait une demande d'assistance et sont en attente justement d'une réponse ?

R- Je n'ai pas de chiffres à vous communiquer parce que ces demandes évoluent d'heure en heure. Les demandes sont nombreuses, ça, je peux vous le dire.

Q - Ça se chiffre en quoi ? En centaines, en milliers ?

R - L'important, ce n'est pas de savoir combien de personnes. L'important, c'est de savoir la mobilisation qui est déployée pour pouvoir répondre aux différentes demandes. Sachez que nos collègues travaillent d'arrache-pied localement et à Paris pour pouvoir trouver des solutions.

Q - Est-ce que vous avez aussi des demandes de ressortissants qui sont bloqués en raison des restrictions aériennes, par exemple en Asie ? Ou alors les demandes que vous traitez, elles sont circonscrites uniquement au Proche et au Moyen-Orient ?

R- Non, il y en a également. Comme vous le savez, les aéroports du Golfe sont des hubs importants de transport. Et donc, de ce fait, nous avons effectivement des ressortissants qui nous signalent être bloqués dans d'autres pays du monde.

Q - Juste quand même pour avoir un ordre d'idée, ça se chiffre en centaines ou en milliers de personnes, les demandes ?

R- Je n'ai pas de chiffres.

Q- Et concernant les ambassades à l'étranger, est-ce que vous avez, là aussi, comme ça peut être le cas en France, est-ce qu'il y a eu des mesures de sécurité renforcées ?

R - Bien sûr. Le président de la République, dans son allocution de mardi soir, a annoncé différentes choses, notamment un renforcement de nos dispositifs et un renforcement de la sécurité de nos emprises.C'est un sujet qui est suivi avec la plus grande attention, bien sûr.

Q - Autre question : le chef de l'État a indiqué dans son allocution qu'il voulait bâtir une coalition pour restaurer le trafic maritime au niveau du détroit d'Ormuz. Quel est l'état d'avancement de cette coalition et quels seraient les pays partenaires ?

R - Le président de la République a fait cette annonce mardi. À ce stade, les travaux sont en train de commencer, donc je n'ai pas d'indications plus précises à vous donner. Mais les enjeux sont importants, et donc le travail est intense pour pouvoir identifier rapidement des nations volontaires.

Q- Pour l'instant, il n'y a pas… ?

R- Non.

Q - Toute dernière question d'importance. Vous l'avez redit, la France se situe dans une posture défensive. Quelle serait la réponse de la France si des forces militaires, ou bien si jamais des bâtiments sur des bases françaises étaient touchés ?

R - Je ne vais pas faire de politique fiction. Je l'ai dit en tout cas, la France a déjà agi de façon défensive et dans le cadre des accords de défense et de coopération que nous avons avec un certain nombre de pays de la région. Et donc, elle continuera d'agir dans ce cadre. Je n'ai pas davantage de détails. Et in fine, vous savez, s'agissant d'opérations militaires, il revient au président de la République de prendre ces décisions.

Q - J'ai deux questions à vous poser. La première concerne l'évaluation des ressortissants français du Moyen-Orient. Est-ce que vous envisagez éventuellement d'inclure des ressortissants d'autres nationalités ? Est-ce que vous êtes en discussion avec les gouvernements d'autres pays sur ce type de coopération ?
Et puis deuxièmement, j'ai une question sur la décision du ministère du commerce chinois, la semaine dernière, qui a annoncé qu'il ajouterait 40 entreprises japonaises, dont Mitsubishi Heavy Industries, à une liste soumise à un renforcement des contrôles de l'exportation. Est-ce que vous considérez cette décision comme une coercition économique ? Et quelle sera la position de la France ?

R- Sur votre première question, c'est déjà le cas. La France inclut effectivement des ressortissants d'autres nationalités dans les vols qu'elle affrète lorsque c'est possible. C'est déjà le cas avec plusieurs pays européens, dans le cadre de mécanismes de solidarité, et il n'est pas exclu que des ressortissants d'autres nationalités soient également concernés.

En ce qui concerne votre seconde question sur les mesures annoncées par le ministère du commerce chinois, la France s'oppose à toute forme de coercition économique et à l'arsenalisation des contrôles des exportations. Elle déplore à ce titre cette décision, qui cible en l'occurrence le Japon et touche les chaînes de valeur mondiales. La sécurité économique est un axe majeur pour nous, un axe important. Ce sera une priorité de la présidence française du G7 et c'est, vous le savez sûrement, un axe important de notre partenariat avec le Japon. Plus globalement, la France réitère son attachement au système commercial multilatéral et aux régimes multilatéraux de contrôle des exportations en vigueur, qui contribuent à la sécurité internationale.

Q - Pour revenir à l'utilisation des bases françaises par l'armée américaine, vous nous avez envoyé sur le ministère de la défense. Mais à qui appartient la décision de permettre cette utilisation ? Ce serait qui ? C'est le Gouvernement ? C'est le président de la République ? Ce serait qui, qui devrait prendre la décision ?

R - Là encore, je vous renverrai vers le ministère des Armées, qui pourra vous donner une réponse pleine et complète.

Q - Au sujet des rapatriements des Français bloqués à l'étranger, est-ce qu'un vol de rapatriement depuis Beyrouth est prévu ? Parce que vous avez parlé de Amman, de Dubaï. Il me semble que vous avez parlé de l'Égypte, j'ai un doute. Mais au vu de la situation au Liban, est-ce qu'un vol est prévu dans les prochains jours pour les ressortissants français coincés à Beyrouth ?

R - Vous le savez, l'espace aérien libanais est encore ouvert. Donc à ce stade, ce sont les voies commerciales qui sont privilégiées.

Q - Avec des billets qui sont hors de prix et qui ne sont pas accessibles pour beaucoup de ressortissants français.

R - Je pense que nos collègues du Centre de crise sont pleinement informés de cette situation et essaient de trouver des solutions.

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