04/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/17/2026 12:16
Parmi elles, plus d'1,8 million de personnes sont en situation d'urgence (Phase 4 de l'IPC) et nécessitent une assistance humanitaire immédiate. Grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de ses partenaires - notamment de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) - environ 200 000 personnes ont pu sortir de cette situation critique comparé à l'année précédente. Cette stabilisation reste toutefois fragile dans un contexte de besoins humanitaires massifs et en constante augmentation.
Dans un contexte fragile dans toutes ses dimensions, le Coordonnateur de la Coordination nationale de la Sécurité Alimentaire, Monsieur Harmel Cazeau reste optimiste dans ses propos: « La CNSA croit qu'en dépit de cette situation préoccupante, les efforts en cours pour une meilleure gouvernance avec la mise en place du Comité Interministériel de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle constitue un outil puissant pour mieux catalyser les ressources et les actions vers l'amélioration progressive des conditions de sécurité alimentaire de la population. »
La CNSA, organe régalien chargé d'évaluer la sécurité alimentaire pour éclairer la prise de décision dans le domaine, rappelle que la mobilisation de ressources nécessaires pour continuer à suivre l'évolution de la situation et fournir une aide vitale urgente est essentielle pour éviter que les conditions se dégradent davantage.
Une crise alimentée par la violence, les chocs économiques et climatiques
La violence liée aux groupes armés, en zones urbaines comme rurales, a entraîné le déplacement de plus d'1,4 million de personnes. Elle perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement alimentaire, limite l'accès des agriculteurs à leurs terres et accentue la hausse des prix denrées de base, réduisant le pouvoir d'achat des ménages.
À ces facteurs s'ajoutent les répercussions de l'instabilité économique mondiale, notamment la flambée des prix
des carburants liée au conflit au Moyen-Orient. L'augmentation des coûts de transport et de production agroalimentaire se répercute directement sur la disponibilité et l'accessibilité des aliments, aggravant encore la
vulnérabilité des familles haïtiennes.
Les chocs climatiques récurrents continuent également d'éroder les capacités de production agricole. Le passage de l'ouragan Melissa en octobre 2025 dans les départements du Grand Sud a provoqué des pertes majeures de bétail, de cultures et de récoltes, compromettant durablement les moyens de subsistance des ménages agricoles et la production alimentaire nationale.
Assistance alimentaire et agriculture: des réponses complémentaires face à la crise
« Sortir Haïti de la crise humanitaire ne peut se faire sans le secteur agricole national. Son développement offre une réponse d'urgence et un levier de transformation durable. En appuyant la production alimentaire locale, nous stabilisons les communautés vulnérables et les associons activement aux solutions qui réduisent la dépendance à l'aide extérieure et aux importations » souligne Pierre Vauthier, Représentant de la FAO en Haïti.
Dans un contexte d'insécurité et de contraction des financements humanitaires, il est indispensable de combiner assistance alimentaire d'urgence et soutien immédiat à la production agricole d'urgence pour réduire durablement les besoins.
« Lutter contre la faim est essentiel pour rétablir la stabilité en Haïti. Nous ne pouvons pas construire la paix si des familles ne peuvent nourrir leurs enfants. L'assistance alimentaire d'urgence constitue la première ligne de défense, et la reconstruction des systèmes alimentaires locaux redonne de l'espoir pour l'avenir » alerte Wanja Kaaria, Directrice Pays et Représentante du PAM en Haïti.
Un appel urgent à l'action
À ce moment crucial, la CSNA, la FAO et le PAM lancent un appel commun aux acteurs nationaux et internationaux pour accroître et accélérer les investissements dans la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance en Haïti, notamment en finançant des interventions agricoles d'urgence, en facilitant l'accès humanitaire et en soutenant les petits producteurs.
Sans un engagement immédiat et soutenu, des millions de personnes supplémentaires risquent de basculer dans une insécurité alimentaire aiguë. Il est également essentiel d'investir dans les capacités des populations les plus vulnérables afin de renforcer leur résilience.
* * *
Suivez-nous sur X, anciennement Twitter, via @cnsa_haiti, @FAOHaiti, @WFP_Haiti