04/27/2026 | News release | Distributed by Public on 04/27/2026 09:26
Depuis le début des bombardements américano-israéliens contre l'Iran fin février, quelque 20.000 marins se retrouvent bloqués à bord environ 2.000 navires dans le Golfe persique, incapables de franchir en toute sécurité cette étroite voie maritime.
Arsenio Dominguez s'est entretenu avec ONU Info à l'approche d'une réunion clé du Conseil de sécurité consacrée à la sécurité maritime, qui doit se tenir lundi.
Arsenio Dominguez : La sécurité maritime couvre la protection des navires, des ports, des marins et des infrastructures maritimes contre tout type de menace sécuritaire, comme la piraterie, le terrorisme et les cyberattaques.
© IMO/Marco Theo G. Caliwag Un marin philippin en uniforme bleu et casque blanc est vu à travers un hublot circulaire, nettoyant l'intérieur de la cale ou d'un entrepôt d'un navire.Pour les États disposant d'un littoral, elle englobe également un large éventail d'activités illicites pouvant impliquer la mer, les navires, les ports ou les côtes, notamment le trafic d'armes et de drogue, le commerce illégal d'espèces sauvages, le vol de pétrole brut, la traite des êtres humains et le trafic de migrants, ainsi que le déversement illégal de déchets toxiques.
Arsenio Dominguez : La sécurité maritime est essentielle car elle protège le commerce mondial, garantit la sécurité des marins et assure le fonctionnement des chaînes d'approvisionnement. Sans sécurité maritime, le développement maritime s'arrête - et sans développement maritime, le développement durable devient impossible.
Arsenio Dominguez : Elle montre que les navires et les équipages sont fortement exposés dans les zones de conflit, devenant souvent un levier dans les différends géopolitiques.
Le transport maritime commercial a été injustement ciblé, immobilisé ou attaqué, ce qui met en évidence la fragilité de la liberté de navigation.
Arsenio Dominguez : Le partage d'informations est crucial. La désinformation et les informations erronées peuvent rendre extrêmement difficile la planification des voyages fondée sur les risques.
Les opérateurs de navires et les entreprises doivent s'assurer que des évaluations des risques sont effectuées avant tout voyage dans ou à travers une zone de conflit.
© OMI/Vincent Dwight Rafil Les chaînes d'approvisionnement mondiales peuvent être perturbées si les navires ne bénéficient pas de la liberté de navigation.La diplomatie et la désescalade des conflits sont essentielles, tandis que le recours aux escortes navales reste limité. Les escortes navales ne constituent jamais une solution durable.
Arsenio Dominguez : Si l'on se penche sur l'histoire de la sécurité maritime, le détournement du paquebot italien Achille Lauro en octobre 1985 a constitué un acte terroriste majeur.
Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont soulevé la question de la vulnérabilité des navires et, en particulier, la possibilité que le transport maritime soit utilisé comme vecteur d'activités terroristes.
© IMO Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI).Les actes de piraterie et de vol à main armée contre des navires ont été mis en évidence pour la première fois à l'OMI à la fin des années 1980, avec une augmentation des incidents signalés en Asie.
Avec l'essor de la piraterie somalienne au début des années 2010, l'attention s'est portée sur la piraterie et les vols à main armée en mer dans le golfe d'Aden et l'ensemble de l'océan Indien occidental, ainsi que dans le golfe de Guinée en Afrique de l'Ouest.
Le besoin de coopération, de renforcement des capacités et de partage d'informations est plus important que jamais.
Arsenio Dominguez : Il existe un certain nombre de nouveaux défis, notamment les cyberattaques visant les systèmes de navigation, de cargaison et les opérations portuaires, le sabotage des câbles sous-marins, des pipelines et des infrastructures portuaires, les attaques de drones contre les navires et les vulnérabilités liées aux navires autonomes.
La sophistication croissante des réseaux criminels opérant dans les chaînes d'approvisionnement continue de poser des défis spécifiques à l'environnement du commerce maritime mondial.
Arsenio Dominguez : Plus récemment, le transport maritime international et les marins se sont retrouvés pris dans des conflits géopolitiques qui ne relèvent pas de leur responsabilité.
Des navires battant différents pavillons et des marins de nombreuses nationalités ont été impliqués.
Les navires ont été visés par des projectiles aériens et de surface sans équipage. Il s'agit de navires marchands civils qui ne disposent pas des capacités nécessaires pour se défendre contre ces attaques.
Les marins civils ne sont pas des combattants et ne devraient jamais être pris pour cible.
© Unsplash/Alex Pagliuca Un navire traverse le canal de Panama, en Amérique centrale.Arsenio Dominguez : Les principales voies maritimes mondiales pour le transport international comprennent :
Toute perturbation dans ces zones aurait des conséquences mondiales majeures pour le commerce et la sécurité alimentaire des populations à travers le monde.
Arsenio Dominguez : L'OMI travaille avec des partenaires internationaux pour aider les États à renforcer leurs capacités afin de prévenir, contrer et répondre aux menaces sécuritaires.
Ce travail se concentre sur la mise en œuvre effective des instruments de sécurité pertinents de l'OMI, le partage efficace d'informations, la coopération et la coordination régionales, ainsi que la réforme juridique et législative (notamment les lois nationales permettant de poursuivre les actes criminels).
Plus généralement, l'OMI œuvre à promouvoir la liberté de navigation par le droit international (UNCLOS), à faciliter les réponses diplomatiques aux crises maritimes, à défendre la sécurité des marins et les protections humanitaires, et à soutenir le renforcement des capacités maritimes des États vulnérables.