07/21/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/22/2026 00:32
Kampala - Dans un centre de santé à Arua, une ville frontalière du nord de l'Ouganda, le personnel est en état d'alerte maximale après avoir pris en charge, sans le savoir, une patiente chez qui la maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo a été diagnostiquée par la suite. C'était le 8 mai 2026, avant que l'épidémie ne soit déclarée dans la République démocratique du Congo voisine, et le niveau de suspicion du personnel était faible. Après avoir demandé à quitter l'établissement, la patiente s'est rendue à Kampala, la capitale de l'Ouganda, où son test s'est révélé positif au virus.
« Deux semaines après avoir traité la patiente, nous avons reçu un appel de l'équipe de surveillance du district », explique le Dr Seth Ejuu, le médecin qui l'avait soignée pour de la fièvre et des douleurs abdominales. « Nous étions tous inquiets et anxieux. » L'équipe de surveillance du district a conseillé aux neuf membres du personnel qui ont été en contact avec la patiente de s'isoler pendant six jours supplémentaires afin de compléter la période d'incubation de 21 jours durant laquelle des signes et symptômes pouvaient apparaître. Heureusement, aucun d'entre eux n'a développé de symptômes et ils ont tous repris leur travail. « Ce sont surtout nos procédures opérationnelles standard, notamment l'utilisation de gants et de désinfectant pour les mains lors des soins aux patients, qui nous ont protégés », reconnait le Dr Ejuu.
Pendant cette brève période d'isolement, la clinique a déployé du personnel venu de son autre succursale et réaffecté certains employés au sein même de la formation sanitaire afin de garantir la continuité des services de santé. « Les activités se sont poursuivies normalement », affirme le Dr Alex Kigera, médecin responsable de la clinique.
Le maintien de l'accès aux services de santé essentiels constitue un élément important de toute réponse à une épidémie. Les expériences tirées des précédentes épidémies, en particulier celles de fièvres hémorragiques virales, ont montré que les perturbations des soins de santé courants peuvent entraîner des conséquences sanitaires indirectes, notamment une baisse du recours aux soins, des vaccinations manquées, des interruptions des services de santé maternelle et infantile, des retards dans le traitement des maladies chroniques ainsi qu'un accès réduit aux soins d'urgence.
Afin de renforcer la préparation et d'assurer la continuité des services de santé, la clinique a intensifié les mesures de prévention et de contrôle des infections. « Nous avons également fourni à la population des informations fiables sur la maladie et sur les moyens de se protéger », explique le Dr Kigera.
Au niveau national, les autorités sanitaires, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont élaboré un plan de continuité des services de santé essentiels et soutenu les autorités régionales et de district dans son adaptation aux besoins locaux.
Les centres de santé ont reçu des procédures opérationnelles standard relatives à la continuité des services essentiels ainsi que des formations virtuelles. Celles-ci portaient sur le triage, la prévention et le contrôle des infections, les parcours des patients et les procédures d'isolement, ainsi que sur la prise en charge clinique des maladies provoquant de la fièvre, mais aussi les différences entre le paludisme et la maladie à virus Ebola. D'autres modules ont porté sur la continuité des soins pour les maladies non transmissibles et les troubles de santé mentale, ainsi que sur la prestation des services de santé reproductive, maternelle et infantile. Plus de 3 000 prestataires de soins de santé issus d'établissements publics et privés ont participé à ces sessions.
Pour soutenir les efforts de préparation, un outil normalisé a été mis au point afin de guider l'évaluation de l'état de préparation des établissements de santé. Ces évaluations examinent si les établissements sont capables de continuer à fournir des services essentiels tout en prenant en charge en toute sécurité les patients suspectés d'être atteints de la maladie à virus Ebola.
Entre le 27 mai et le 17 juin 2026, les autorités sanitaires, avec le soutien de l'OMS et de ses partenaires, ont mené des évaluations de l'état de préparation des établissements de santé ainsi que des activités d'appui dans 819 établissements répartis dans 20 districts à haut risque.
Les principales lacunes relevées lors de ces évaluations concernaient une pénurie d'équipements de protection individuelle (EPI) dans 55 % des établissements. De plus, près d'un établissement sur cinq a signalé des ruptures de stock de médicaments essentiels, tandis qu'environ 10 % présentaient des insuffisances dans les systèmes de gestion et d'élimination des déchets. Par ailleurs, seulement 35 % des 819 établissements évalués avaient bénéficié d'une formation spécifique à l'épidémie, ce qui souligne la nécessité d'élargir les activités de formation et de mentorat à mesure que les efforts de préparation et de riposte se poursuivent.