Amnesty International France

01/22/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/22/2026 10:45

Hong Kong. Le procès des militant·e·s ayant commémoré la répression de Tiananmen est une tentative cynique d’effacer la mémoire historique

Les poursuites dont font l'objet deux militant·e·s de Hong Kong pour avoir commémoré la répression de la place Tiananmen de 1989 constituent une nouvelle intensification de l'utilisation par les autorités des lois relatives à la sécurité nationale pour museler la dissidence, a déclaré Amnesty International le 22 janvier 2026 alors que s'ouvre le procès des militant·e·s.

L'avocate Chow Hang-tung et le syndicaliste Lee Cheuk-yan sont détenus depuis plus de quatre ans dans l'attente de leur procès et encourent encore des années d'emprisonnement pour des accusations liées à la sécurité nationale. Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan étaient membres de la Hong Kong Alliance, aujourd'hui dissoute, qui, pendant plus de 30 ans et jusqu'à son interdiction dans un contexte de répression des droits humains, a organisé la veillée à la bougie de la ville commémorant la répression de la place Tiananmen.

Le 4 juin 1989, sur la place Tiananmen à Pékin et aux alentours, des centaines - voire des milliers - de personnes ont été tuées lorsque l'armée chinoise a ouvert le feu sur des manifestant·e·s.

« Cette affaire n'a rien à voir avec la sécurité nationale : il s'agit de réécrire l'histoire et de sanctionner les personnes qui refusent d'oublier les victimes de la répression de Tiananmen », a déclaré Sarah Brooks, directrice régionale adjointe au sein d'Amnesty International.

« La principale "infraction" de Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan a été de réclamer la vérité et la justice pour les manifestant·e·s abattus par l'armée chinoise et pour les familles endeuillées. Cette affaire cynique intentée contre eux illustre sans équivoque la manière dont le gouvernement de Hong Kong utilise des lois relatives à la sécurité nationale vagues et trop générales comme outils de répression. »

Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan faisaient partie des membres de l'Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques en Chine (Hong Kong Alliance) qui avaient été inculpés d'« incitation à la subversion de l'État » au titre de la Loi sur la sécurité nationale en septembre 2021.

Ils sont maintenus en détention provisoire depuis leur inculpation, leurs demandes de libération sous caution ayant été refusées à plusieurs reprises, et encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement s'ils sont déclarés coupables. Amnesty International a désigné ces deux personnes comme prisonnière et prisonnier d'opinion.

Les autorités ont déclaré que la veillée annuelle pour Tiananmen que la Hong Kong Alliance organisait depuis 1990 était la preuve que le groupe « mettait en péril la sécurité nationale ».

Amnesty International a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes quant au fait que la Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, adoptée en juin 2020, était utilisée pour prendre pour cible des groupes de la société civile, des journalistes, des militant·e·s politiques et des universitaires pour des actions entièrement protégées par le droit international relatif aux droits humains.

L'organisation appelle les autorités de Hong Kong à abandonner toutes les poursuites engagées contre les membres de la Hong Kong Alliance détenus pour avoir simplement exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association, à abroger la Loi sur la sécurité nationale et à respecter et faciliter la commémoration pacifique de la répression de Tiananmen.

« L'histoire ne peut être effacée. Les tribunaux de Hong Kong sont aujourd'hui face à un choix déterminant : respecter les droits humains ou continuer de donner une légitimité juridique à une répression généralisée de la dissidence », a déclaré Sarah Brooks.

« Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan sont des prisonnier·ère·s d'opinion détenus uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Les autorités de Hong Kong doivent les libérer immédiatement et sans condition. »

Complément d'information

Le 4 juin 1989, l'armée chinoise a ouvert le feu sur des étudiant·e·s et des travailleurs et travailleuses qui manifestaient pacifiquement pour des réformes politiques, sur la place Tiananmen à Pékin, et aux alentours. Plusieurs centaines, voire des milliers, de personnes ont trouvé la mort. Des dizaines de milliers d'autres personnes ont été arrêtées à travers la Chine dans le cadre de la répression qui a suivi.

Au cours des 36 années écoulées depuis cette répression, les débats sur le sujet ont fait l'objet de sévères censures en Chine, les autorités ayant dans les faits tenté de l'effacer de l'histoire. La commémoration publique ou la simple mention de la répression de Tiananmen est interdite.

Si la commémoration de la répression de Tiananmen était interdite en Chine continentale, des centaines de milliers de personnes se réunissaient toutefois chaque année dans le parc Victoria à Hong Kong, afin de rendre hommage aux victimes. Elles demandaient aux autorités chinoises de révéler la vérité sur ce qui s'est passé et d'assumer la responsabilité des atrocités commises.

La veillée de Hong Kong avait été interdite en 2020 et 2021, pour des raisons liées à la pandémie de COVID-19, semble-t-il, et depuis lors, de nouvelles lois répressives telles que la Loi de 2020 sur la sécurité nationale ont dans les faits érigé en infraction les manifestations pacifiques dans la ville.

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