03/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/25/2026 09:10
À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) exhorte les pays à agir plus rapidement pour mettre fin à la tuberculose et à élargir l'accès aux services vitaux en tirant parti d'innovations telles que les tests de diagnostic pouvant être utilisés à proximité du lieu de soins et les écouvillons linguaux, qui permettent de détecter la maladie plus rapidement et d'atteindre un plus grand nombre de personnes.
Les nouvelles lignes directrices sur les tests de dépistage de la tuberculose qui peuvent être utilisés à proximité du lieu de soins, publiées par l'OMS, représentent une nouvelle étape sur la voie d'une détection et d'un traitement plus rapides de l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde. Ces tests portables et simples à utiliser rapprochent le diagnostic de la tuberculose du lieu où les personnes se rendent habituellement pour se faire soigner. Coûtant moins de la moitié du coût de nombreux produits de diagnostic moléculaires existants, ils peuvent aider les pays à élargir l'accès au dépistage. Ces tests peuvent être utilisés sur des dispositifs à batterie et les résultats sont disponibles en moins d'une heure, les patients pouvant ainsi commencer leur traitement plus rapidement.
« Ces nouveaux outils ont le potentiel de changer la donne en matière de lutte contre la tuberculose, en mettant un diagnostic rapide et précis à la portée des personnes, en sauvant des vies, en réduisant la transmission et en faisant baisser les coûts », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. « L'OMS appelle tous les pays à élargir l'accès à ces outils et à d'autres afin que chaque personne atteinte de tuberculose puisse être prise en charge et traitée rapidement. »
Au-delà de la tuberculose, ces dispositifs pourraient être utilisés pour le dépistage d'autres maladies comme le VIH, la mpox et le papillomavirus humain, rendant les produits de diagnostic plus centrés sur le patient, plus équitables et adaptés aux services de type guichet unique pour les maladies émergentes et en circulation.
Les lignes directrices recommandent également le recours aux écouvillons linguaux faciles à utiliser pour le prélèvement d'échantillons, ainsi qu'une stratégie de mise en commun des expectorations permettant de réduire les coûts et d'augmenter l'efficacité des tests de détection de la tuberculose et de la tuberculose résistante à la rifampicine. Les écouvillons linguaux permettent de dépister pour la première fois la tuberculose chez les adultes et les adolescents incapables de produire des expectorations, la maladie pouvant dès lors être détectée chez les personnes à risque accru d'en mourir. La mise en commun des expectorations, c'est-à-dire le fait de combiner les prélèvements de plusieurs personnes et de les tester ensemble, peut réduire considérablement les coûts des produits et le temps machine, conduisant à des résultats plus rapides à la fois pour les personnes et pour les programmes de lutte contre la tuberculose - une approche particulièrement recommandée lorsque les ressources sont exceptionnellement limitées.
La tuberculose reste l'une des maladies infectieuses qui entraînent le plus de décès dans le monde. Chaque jour, plus de 3300 personnes perdent la vie des suites de la tuberculose et plus de 29 000 autres contractent cette maladie pourtant évitable et curable. On estime que les efforts déployés à l'échelle mondiale pour lutter contre la tuberculose ont permis de sauver 83 millions de vies depuis 2000, cependant les coupes budgétaires subies par l'action sanitaire mondiale menacent de réduire ces progrès à néant. L'adoption d'outils de diagnostic rapide pose des difficultés dans de nombreux pays, en partie en raison de leur coût élevé et de la nécessité d'acheminer les échantillons à l'appui des analyses vers les laboratoires centralisés.
Le déploiement à grande échelle de solutions ayant fait leurs preuves, notamment les analyses d'urine sur le lieu de soins pour les personnes vivant avec le VIH, et les tests peu ou modérément complexes pouvant être effectués à proximité du lieu de soins pour les personnes infectées ou non par le VIH, peut être mis en œuvre collectivement pour combler les lacunes de diagnostic à tous les niveaux du système de santé. De tels efforts peuvent contribuer à atteindre les cibles mondiales d'accès universel au dépistage de la tuberculose et de la pharmacorésistance, réduire les retards dans l'initiation du traitement et freiner la transmission.
À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2026, célébrée sous le thème « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose : menée par les pays, portée par les populations », l'OMS appelle à agir d'urgence pour :
« Investir dans la lutte contre la tuberculose est un choix politique et économique stratégique, qui génère jusqu'à 43 dollars des États-Unis de retombées sanitaires et économiques pour chaque dollar dépensé », a déclaré la Dre Tereza Kasaeva, directrice du Département VIH, tuberculose, hépatite et infections sexuellement transmissibles de l'OMS. « Ce dont nous avons besoin à présent, c'est d'un leadership décisif, d'investissements stratégiques et d'une mise en œuvre rapide des recommandations de l'OMS et des innovations pour sauver des vies et protéger les communautés. »
Si les nouveaux outils de diagnostic représentent une avancée cruciale, il faudra néanmoins, pour mettre fin à la tuberculose, consacrer des investissements soutenus à la recherche et à l'innovation. Le financement mondial de la recherche sur la tuberculose reste bien inférieur aux besoins annuels, estimés à environ 5 milliards de dollars des États-Unis (USD), la mise au point des nouveaux produits de diagnostic, médicaments et vaccins nécessaires pour mettre fin à l'épidémie étant dès lors confrontée à d'importants déficits de financement.
L'OMS œuvre de concert avec ses partenaires pour progresser plus rapidement grâce à des initiatives telles que le Conseil pour accélérer la disponibilité de vaccins antituberculeux, mis en place pour accélérer la mise au point de nouveaux vaccins contre la tuberculose et l'accès équitable à ceux-ci, en veillant à ce que gouvernements, chercheurs, bailleurs de fonds et entreprises fixent des priorités communes et coordonnent leurs investissements.
Alors que les pays célèbrent la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2026, l'OMS exhorte gouvernements et partenaires à donner la priorité à la lutte contre la tuberculose en tant que pilier central de la sécurité sanitaire et de la couverture sanitaire universelle.