06/10/2026 | News release | Distributed by Public on 06/11/2026 14:40
10 juin, 2026La Cour nationale d'appel sur les questions relatives au travail de la République argentine a ordonné une intervention judiciaire au sein du Syndicat des métallurgistes UOM. IndustriALL exprime sa profonde inquiétude et condamne fermement cette décision.
Le 22 mai dernier, Víctor Pesino et María Dora González, les mêmes juges du tribunal du travail qui avaient approuvé la réforme du travail introduite par le Président argentin Javier Milei, ont rendu un jugement contre l'UOM, affilié à IndustriALL, Ils ont déclaré invalides les élections tenues à la section de Zárate-Campana, ont annulé la réélection nationale du Secrétaire général Abel Furlán et ont ordonné une période d'intervention de 180 jours.
« Cette intervention judiciaire n'est pas le fruit d'une décision prise du jour au lendemain. Elle est l'aboutissement d'une opération politique, judiciaire et patronale que nous dénonçons depuis des mois et qui n'a toujours eu qu'un seul objectif : mettre l'UOM au pas, affaiblir notre capacité à lutter pour nos droits, garantir que les employeurs puissent verser des salaires de misère et que les travailleurs soient dans l'impossibilité de se syndiquer »
a déclaré l'UOM dans un communiqué officiel.
La décision de justice est intervenue alors que l'UOM était en pleine négociation collective avec les principaux employeurs du secteur pour défendre les salaires des métallurgistes, en baisse depuis deux ans.
L'UOM s'est engagé à riposter contre cette attaque et à faire échouer
« cette tentative d'intervention politique déguisée en décision de justice. (…) Nous répondrons par la démocratie syndicale, la participation, la syndicalisation et la lutte. Nous déjouerons cette intervention tout comme le mouvement syndical argentin a déjoué toutes les tentatives historiques visant à le réduire au silence. »
Le 26 mai dernier, le Comité exécutif de l'UOM a rejeté cette mesure. Le syndicat a lancé un processus visant à rétablir la conformité statutaire et a déclaré l'état d'alerte et de mobilisation. Conformément à ses statuts, il a nommé des responsables pour assurer le bon déroulement des activités en attendant le retour complet à la normale.
Le même jour, des syndicats, dont des affiliés d'IndustriALL, ont organisé un « rassemblement d'accolades » devant le siège de l'UOM. Cette action constituait une protestation directe contre la décision de justice qui a destitué Abel Furlán et placé le syndicat sous intervention judiciaire.
Dans un courrier adressé à Abel Furlán, le Secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a exprimé sa solidarité à l'égard des travailleuses et travailleurs argentins. Il a condamné la décision du tribunal et a exhorté les autorités à garantir le plein respect de la liberté syndicale et à se conformer aux conventions internationales.
« Cette décision constitue une grave ingérence dans l'autonomie syndicale et crée un dangereux précédent pour la liberté syndicale et la démocratie en Argentine.»
« IndustriALL constate avec inquiétude que le recours à des procédures judiciaires pour évincer des dirigeants syndicaux légitimement élus constitue un moyen de réprimer les structures qui défendent les salaires, la négociation collective, la production nationale et les droits du travail. Nous exprimons notre entière solidarité envers les métallurgistes argentins, notre collègue Abel Furlán et la direction légitimement élue de l'UOMRA. »