06/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/30/2026 09:46
Washington, DC : Le Conseil d'administration du Fonds Monétaire International (FMI) a conclu les consultations au titre de l'article IV[1] et a conclu la troisième revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que la deuxième revue de l'accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC), tous deux approuvés le 15 janvier 2025 (voir PR 25/003). La conclusion de la troisième revue du programme appuyé par la FEC a permis un décaissement équivalent à 190,4 millions de DTS (environ 258,2 millions de dollars américains), portant le total des décaissements à ce jour à 761,3 millions de DTS (environ 1 032,4 millions de dollars américains). La conclusion de la deuxième revue du programme appuyé par la FRD a permis un décaissement de 66,6 millions de DTS (environ 90,3 millions de dollars américains).
La situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC demeure volatile malgré les accords de Washington de décembre 2025, avec la poursuite des combats et des violations récurrentes des engagements de cessez-le-feu. La situation humanitaire reste critique, marquée par une insécurité alimentaire et des déplacements en masse des populations. L'accroissement des risques mondiaux, politiques et sanitaires - dont les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient, les tensions politiques internes croissantes et l'épidémie d'Ebola en cours - accentue les incertitudes et pourrait davantage entraver la mise en œuvre des politiques économiques.
L'activité économique est demeurée résiliente en 2025 et les perspectives sont favorables, portées par la solidité du secteur extractif et un regain de dynamisme du secteur non extractif. La récente émission d'un eurobond devrait soutenir des investissements prioritaires dans les infrastructures publiques à fort impact économique. Le secteur extérieur s'est renforcé en 2025 et devrait continuer de s'améliorer, soutenu par la robustesse des exportations minières, avec un rétrécissement du déficit du compte courant et une accumulation continue des réserves de change. L'inflation a fortement reculé à la suite de l'appréciation du franc congolais en octobre 2025, s'établissant à 2,5 % en glissement annuel à fin avril 2026. Les effets de la guerre au Moyen-Orient et de l'épidémie d'Ebola pèsent sur le budget, déjà sous pression en raison du conflit persistant dans la partie est de la RDC. Néanmoins, les perspectives de la dette publique demeurent stables.
Les résultats dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été globalement satisfaisants, malgré les pressions budgétaires liées à la détérioration de la situation sécuritaire. Tous les critères de performance (CP) à fin décembre 2025 ont été atteints, à l'exception du solde budgétaire intérieur et du CP continu relatif à la non-introduction ou à la non-modification de pratiques de taux de change multiples. Le premier n'a pas été atteint en raison de dépenses de sécurité plus élevées que prévu au dernier trimestre de l'année, et le second en raison de la modification par la Banque centrale du Congo (BCC) de la marge de change applicable aux opérations de change entre la BCC et le Trésor. Les autorités ont pris des mesures correctives pour remédier aux critères de performance non atteints. L'agenda de réformes structurelles progresse bien, la plupart des repères structurels ayant été atteints. Au titre de la FRD, la méthodologie d'évaluation climatique des investissements publics a été finalisée avant le délai imparti, tandis que les amendements au Code forestier ont été retardés en raison de facteurs hors de contrôle des autorités.
À la conclusion des discussions du Conseil d'administration, M. Okamura, Directeur général adjoint et président par intérim, a déclaré :
« L'activité économique en RDC demeure résiliente, soutenue par la solide performance du secteur minier. L'inflation est restée faible au début de 2026, et la position extérieure a continué de se renforcer, reflétant en grande partie des termes de l'échange favorables. Les perspectives à court terme demeurent favorables, mais sujettes à des risques importants, notamment la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, l'épidémie d'Ebola en cours, l'accroissement de l'incertitude politique et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
« Les perspectives budgétaires pour 2026 sont globalement gérables. La bonne performance dans la collecte des recettes, reflétant les cours favorables des matières premières et les mesures de politique économique, compense en grande partie les pressions persistantes sur les dépenses liées à la sécurité. Toutefois, le déficit budgétaire intérieur devrait s'élargir temporairement, reflétant l'effet de la guerre au Moyen-Orient et l'accommodation des investissements supplémentaires financés par les ressources de l'Eurobond. À moyen terme, le maintien de la discipline budgétaire, la poursuite des réformes destinées à moderniser la gestion des finances publiques et les efforts visant à renforcer la mobilisation des recettes intérieures contribueront à dégager des marges pour les investissements à fort impact économique et les dépenses sociales prioritaires.
« La BCC a maintenu une prudence monétaire appropriée. Compte tenu des incertitudes importantes entourant les perspectives, une pause dans tout assouplissement supplémentaire s'avère nécessaire, et la BCC devrait se tenir prête à resserrer la politique monétaire si nécessaire. La poursuite des efforts visant à accumuler des réserves internationales, tout en préservant le rôle du taux de change en tant qu'amortisseur des chocs, demeure essentielle pour renforcer la résilience extérieure.
« La mise en œuvre du programme de réformes au titre de la FRD progresse bien, avec une mesure de réforme achevée plutôt que prévu tandis qu'une a été retardée. La poursuite des réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, à renforcer les cadres de lutte contre la corruption et de LBC/FT-y compris les progrès en vue d'une sortie de la liste grise du GAFI-et à améliorer le l'environnement des affaires, demeure essentielle pour soutenir le développement du secteur privé et promouvoir une croissance diversifiée et inclusive.
« Les consultations de 2026 au titre de l'article IV ont souligné l'importance de consolider les acquis durement acquis en matière de stabilité macroéconomique, grâce à une combinaison de politiques plus équilibrée à moyen terme. Cela implique un assainissement budgétaire graduel mais soutenu, une orientation prudente de la politique monétaire, la poursuite de l'accumulation de marges de manœuvre extérieures, ainsi que des réformes structurelles visant à favoriser la diversification des exportations et à assainir l'environnement des affaires. »
Évaluation du Conseil d'administration [2]
Les administrateurs ont souscrit à l'orientation générale de l'évaluation des services du FMI. Ils ont salué l'engagement continu des autorités en faveur des réformes et la performance globalement satisfaisante du programme, y compris grâce aux mesures correctives visant à remédier aux écarts temporaires dans un contexte particulièrement difficile lié à la situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC, à l'épidémie d'Ebola en cours et aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Notant des risques importants à la baisse, les administrateurs ont souligné la nécessité d'une appropriation nationale forte, d'une rigueur dans la conduite des politiques économiques et d'une accélération des réformes structurelles afin de consolider la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance diversifiée, inclusive et durable, soutenue au besoin par le renforcement des capacités du FMI et des partenaires au développement.
Les administrateurs ont appelé à un assainissement budgétaire graduel afin de dégager de l'espace budgétaire pour les investissements et les dépenses sociales prioritaires, tout en préservant la viabilité de la dette publique. Ils ont soutenu le creusement temporaire du déficit budgétaire pour 2026, tout en soulignant la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes intérieures et d'améliorer la transparence et l'efficience des dépenses publiques. Les administrateurs ont insisté sur l'importance de renforcer le contrôle des dépenses et la transparence budgétaire, notamment dans l'utilisation du produit de l'Eurobond, et ont appelé à améliorer la gestion des finances publiques et de la dette, y compris une réduction du recours aux procédures d'urgence pour l'exécution des dépenses ainsi que des progrès dans la réforme de la masse salariale et la prévention des arriérés. Ils ont souligné le rôle crucial d'une meilleure exécution des dépenses sociales pour une croissance inclusive.
Les administrateurs ont convenu qu'une orientation prudente de la politique monétaire, reposant sur les données, demeure appropriée compte tenu des incertitudes croissantes, tout en insistant sur la nécessité de se tenir prêt à la resserrer si les anticipations d'inflation venaient à se désancrer. Ils ont appelé à poursuivre les efforts visant à renforcer le cadre de conduite de la politique monétaire, à améliorer la transparence sur le marché des changes, à approfondir le marché intérieur des titres publics et à continuer d'accumuler des réserves internationales. Le renforcement des mesures de sauvegardes de la BCC, y compris celles liées à l'accumulation prévue de réserves monétaires d'or, l'amélioration continue de la supervision financière, et la poursuite des réformes LBC/FT en vue de parachever la sortie attendue de la liste grise du GAFI, constituent également des priorités importantes.
Les administrateurs ont appelé à accélérer les réformes structurelles, y compris les réformes sur le marché du travail et en faveur de l'amélioration de l'environnement des affaires, afin de soutenir la diversification de l'économie et une croissance inclusive. Ils ont souligné l'importance de progrès soutenus en matière de gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption, notamment par l'opérationnalisation rapide du Tribunal pénal économique et financier et la finalisation de la loi anticorruption. Ils ont également encouragé la poursuite des efforts visant à améliorer la qualité des données.
Les administrateurs ont dans l'ensemble salué les progrès continus au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) et ont encouragé la mise en œuvre rapide du programme de réformes. Ils ont souligné que des efforts soutenus, en coordination avec les partenaires au développement, sont nécessaires pour renforcer la résilience aux chocs climatiques et pour soutenir la stabilité à plus long terme de la balance des paiements. Les administrateurs ont pris note des travaux en cours des Autorités avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant d'éventuelles mesures de préparation des capacités de ripostes aux pandémies. Plusieurs administrateurs se sont montrés ouverts à la possibilité d'inclure des mesures de réforme en matière de préparation des capacités de riposte aux pandémies dans la FRD actuelle lors d'une revue future, sous réserve de l'importance macroéconomique des risques sanitaires, de capacités adéquates et d'une forte collaboration avec les autres partenaires de développement.
Il est prévu que la prochaine consultation au titre de l'article IV avec la RDC se tienne conformément à la décision du Conseil d'administration relative au cycle des consultations pour les pays bénéficiant d'un accord avec le FMI.
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Tableau 1. République démocratique du Congo : principaux indicateurs économiques et financiers, 2024-27 |
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2024 |
2025 |
2026 |
2027 |
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Act. |
Rapport n°26/02 |
Prel. |
Rapport n°26/02 |
Proj. |
Rapport n°26/02 |
Proj. |
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|
(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire) |
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|
PIB et prix |
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|
PIB réel |
6.1 |
5.6 |
5.7 |
5.3 |
5.6 |
5.5 |
5.5 |
|
PIB (industries extractives) |
11.9 |
10.1 |
8.6 |
5.0 |
6.7 |
4.4 |
5.0 |
|
PIB (hors industries extractives) |
4.1 |
3.1 |
4.7 |
5.4 |
5.2 |
6.1 |
5.7 |
|
Déflateur du PIB |
19.6 |
7.9 |
8.5 |
3.6 |
6.2 |
6.5 |
6.4 |
|
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle) |
17.7 |
7.7 |
7.4 |
4.4 |
3.5 |
6.4 |
6.4 |
|
Indice des prix à la consommation (fin d'année) |
11.7 |
4.3 |
2.3 |
6.1 |
6.9 |
7.0 |
7.0 |
|
(Variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens large en début de période) |
|||||||
|
Monnaie et crédit |
|||||||
|
Avoirs extérieurs nets |
23.0 |
-0.2 |
-12.9 |
30.1 |
21.8 |
22.7 |
17.7 |
|
Avoirs intérieurs nets |
5.8 |
3.7 |
3.3 |
-21.0 |
-9.6 |
-10.4 |
-5.5 |
|
Crédit intérieur |
15.2 |
7.7 |
1.2 |
7.8 |
14.5 |
7.1 |
13.9 |
|
Monnaie au sens large |
28.2 |
4.0 |
-9.6 |
9.1 |
12.1 |
12.3 |
12.2 |
|
(Pourcentage du PIB, sauf indication contraire) |
|||||||
|
Situation financière de l'administration centrale |
|||||||
|
Recettes et dons |
14.8 |
14.4 |
14.5 |
14.8 |
14.9 |
14.9 |
15.1 |
|
Dépenses |
16.4 |
16.7 |
16.9 |
17.1 |
17.3 |
16.6 |
17.5 |
|
Solde budgétaire intérieur |
-0.7 |
-1.3 |
-1.9 |
-1.2 |
-1.9 |
-0.7 |
-1.2 |
|
Investissement et épargne |
|||||||
|
Épargne nationale brute |
9.7 |
9.7 |
9.3 |
11.7 |
11.9 |
11.2 |
13.0 |
|
Investissement |
13.8 |
13.3 |
13.0 |
13.9 |
13.8 |
13.9 |
14.4 |
|
Hors secteur public |
10.0 |
10.0 |
10.0 |
10.0 |
10.0 |
10.0 |
10.0 |
|
Balance des paiements |
|||||||
|
Exportations de biens et services |
45.9 |
40.0 |
39.8 |
37.1 |
44.4 |
36.6 |
43.4 |
|
Importations de biens et services |
48.0 |
41.5 |
40.8 |
37.4 |
37.7 |
37.0 |
36.7 |
|
Solde des transactions courantes (transferts officiels compris) |
-4.2 |
-3.6 |
-3.7 |
-2.2 |
-1.9 |
-2.6 |
-1.4 |
|
Solde des transactions courantes (hors transferts officiels) |
-5.2 |
-3.4 |
-2.8 |
-2.1 |
-1.4 |
-2.4 |
-0.7 |
|
Réserves officielles brutes (en semaines des importations) |
10.1 |
11.7 |
10.6 |
12.9 |
12.0 |
13.5 |
12.8 |
|
Dette extérieure du secteur public |
|||||||
|
Service de la dette en pourcentage des recettes publiques |
6.1 |
6.7 |
6. |
6.5 |
5.7 |
6.9 |
7.2 |
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Sources : Autorités congolaises et estimations et projections des services du FMI. |
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[1] En vertu de l'article IV des statuts du FMI, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d'administration.
[2] À la conclusion de la discussion, le Directeur général, en tant que président du Conseil, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est transmis aux Autorités du pays. Une explication de tous les termes spécifiques utilisés dans les conclusions peut être trouvée ici : http://www.IMF.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.