Government of the Grand Duchy of Luxembourg

07/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/27/2026 02:15

Nouvelle étude sur l'état de l'inclusion numérique au Luxembourg

Le ministère de la Digitalisation vient de publier les résultats d'une étude qu'il a commandité auprès du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER): "Inclusion numérique. Une analyse de la situation en 2025". L'étude est réalisée à partir des données de l'enquête communautaire sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC), conduite par le Statec. Cette étude prolonge les précédentes études menées en 2022, 2023 et 2024, qui visaient à identifier les facteurs à l'origine de la fracture numérique et à en suivre l'évolution.

Disponible dès à présent enligne, cette analyse constitue l'une des 249 initiatives prévues dans le deuxième Plan national d'inclusion numérique.

Les principaux constats

Dans un contexte où l'accès aux technologies numériques est désormais largement répandu au sein de la population, la question centrale n'est plus tant celle de la connexion que celle des inégalités dans les pratiques d'usage et dans la capacité des internautes à tirer profit d'Internet. En effet, certains usages du numérique sont plus bénéfiques que d'autres et il faut différencier entre utiliser le numérique pour se divertir et utiliser pour accomplir des tâches productives, développer des compétences ou encore accéder à des opportunités professionnelles et/ou éducatives. L'étude dresse un constat clair: si l'accès à Internet est aujourd'hui quasi généralisé, la véritable ligne de fracture numérique se situe désormais dans l'intensité des usages, les compétences numériques et la capacité des internautes à en tirer des bénéfices concrets.

  • Selon l'étude, seuls 0,87 % de la population n'a jamais utilisé Internet en 2025, confirmant que l'accès n'est plus l'enjeu central de l'inclusion numérique.
  • Comme les années précédentes, l'analyse des usages distingue trois profils d'internautes, dont la répartition reste stable depuis 2022: les "faibles utilisateurs" (29 %), les "utilisateurs intermédiaires" (39 %) et les "gros utilisateurs" (32 %). Le niveau de diplôme représente la caractéristique socio-démographique qui distingue le plus les différents types d'utilisateurs: les personnes les moins diplômées sont surreprésentées parmi les faibles utilisateurs et restent en retrait sur l'ensemble des usages, tandis que les plus diplômées dominent largement la population des gros utilisateurs et ont une probabilité nettement plus élevée de recourir à des usages diversifiés, notamment à forte valeur ajoutée (recherche d'informations, démarches administratives, activités civiques).
  • L'âge structure également les types d'usages et les pratiques: les 50 ans et plus sont surreprésentés parmi les faibles utilisateurs, alors que les 30-49 ans forment le coeur des gros utilisateurs. Les usages eux-mêmes diffèrent selon les générations, les plus jeunes privilégiant les réseaux sociaux et la messagerie, tandis que les internautes plus âgés se tournent davantage vers l'information ou des outils plus traditionnels comme le courrier électronique. Les écarts liés au genre restent, quant à eux, limités.
  • L'étude établit un lien étroit entre le niveau de compétences numériques et les bénéfices retirés de l'usage d'Internet, qu'ils soient économiques, sociaux ou pratiques: les internautes les plus compétents sont systématiquement ceux qui en tirent le plus d'avantages. Pour augmenter leur niveau de compétences informatiques, les utilisateurs ont plusieurs possibilités, mais elles ne se valent pas toutes. En effet, tous les modes d'apprentissage ne contribuent pas de la même manière aux bénéfices tirés d'Internet. L'autonomie (la capacité à se former soi-même ou à résoudre seul les difficultés rencontrées) est le facteur le plus important pour tirer profit d'Internet. Les formations payantes constituent le deuxième levier le plus efficace, en particulier pour les avantages économiques (être plus efficace au travail p. ex.), tandis que l'aide reçue de proches (famille, amis, collègues) profite surtout au capital social (rester en contact avec ses proches p. ex.). Les formations gratuites proposées par des organismes ou programmes publics ont des effets plus limités et ont surtout l'avantage de favoriser la création de nouveaux liens sociaux.

Les recommandations

L'étude formule plusieurs recommandations pour faciliter l'inclusion numérique de tous:

  • Mettre en place des programmes de formation différenciés selon les niveaux de compétences des internautes (débutant, intermédiaire, avancé), en ciblant en priorité les publics les moins diplômés et les plus âgés.
  • Renforcer les compétences à forte valeur ajoutée, notamment les compétences informationnelles (recherche, tri, évaluation de l'information) et les compétences en résolution de problèmes.
  • Valoriser et soutenir les formations orientées vers des bénéfices économiques, améliorer l'efficacité des formations gratuites qui ont un effet non négligeable et encourager les formats hybrides combinant plusieurs types de formations (formelle, autoformation, formation gratuite auprès d'organismes spécialisés).
  • Faciliter l'accompagnement par des tiers en allant au-delà du cercle familial ou des amis, en développant encore plus les espaces communautaires dédiés à l'accompagnement informatique et numérique pour tous.

La suite

Une large partie de ces recommandations se traduisent déjà par des initiatives concrètes du deuxième Plan d'action national d'inclusion numérique 2026-2030, adopté par le Conseil de gouvernement le 16 janvier 2026. Le levier "Approfondir les compétences numériques" du plan prévoit par exemple, des programmes de formation différenciés selon le niveau de compétences, avec un ciblage prioritaire des personnes les moins diplômées et des seniors, notamment à travers des formations de soutien et un dispositif de médiation intergénérationnelle "seniors pour seniors". Le renforcement des compétences informationnelles et de résolution de problèmes, identifié par l'étude comme déterminant, est également intégré au cadre de compétences numériques (DigComp 3.0) sur lequel s'appuie ce levier.

Le rôle central de l'autoformation, mis en évidence par l'étude, se retrouve dans plusieurs actions du plan d'action visant à développer des outils d'apprentissage autonome accessibles, tels que des plateformes de formation en ligne, des tutoriels et des modules interactifs destinés aux formateurs comme au grand public. Le plan prévoit par ailleurs de valoriser les formations à visée économique et professionnelle, notamment à destination des demandeurs d'emploi et des professionnels, tout en cherchant à renforcer l'efficacité des offres de formation gratuite proposées par les associations et organismes publics.

Enfin, la recommandation d'élargir l'accompagnement numérique au-delà du cercle familial trouve un écho dans le levier consacré au maintien d'une alternative au numérique, qui prévoit notamment des guichets physiques, un accompagnement humain de proximité et une étude de faisabilité sur un service national de médiation numérique. Le ministère de la Digitalisation poursuivra par ailleurs son partenariat avec le LISER afin de continuer à mesurer, dans la durée, les effets de ces mesures sur les publics les plus exposés à la fracture numérique.

Les résultats de l'étude sont dès à présent disponibles sur le site du ministère de la Digitalisation.

Communiqué par le ministère de la Digitalisation

Government of the Grand Duchy of Luxembourg published this content on July 27, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on July 27, 2026 at 08:15 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]