04/21/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/21/2026 10:11
Le journaliste ougandais Joe Nam, auteur d'un livre sur le président Yoweri Museveni, et retraité du média public New Vision, a été tué ce 19 avril. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités d'identifier les responsables et de les traduire en justice.
Justice pour Joe Nam. L'ancien journaliste du quotidien majoritairement détenu par l'État New Vision, a été tué par un individu masqué dans la nuit du 18 au 19 avril près de son domicile à Kawanda, ville située au nord de la capitale ougandaise, Kampala. Le meurtrier, non identifié, a fui avec le téléphone portable du journaliste, laissant ses ordinateurs, selon un ancien collègue du média New Vision.
Officiellement à la retraite, Joe Nam, 55 ans, continuait de former de jeunes journalistes et s'était spécialisé dans le conseil aux médias. En 2024, il a également publié un livre intitulé The Day Museveni Goes ("Le jour où Museveni s'en ira"), abordant les enjeux liés à une éventuelle transition au sommet du pouvoir. La police de Kawempe, un quartier de la capitale, a ouvert une enquête pour meurtre le 19 avril.
"Dans un pays où les attaques contre la presse et les journalistes sont nombreuses, où l'autocensure et les pressions économiques contre les médias sont courantes, la police doit étudier la piste d'un crime commis en lien avec son travail. Le meurtre d'un ancien journaliste, respecté par ses pairs et reconnu comme un modèle pour ses jeunes confrères ne doit pas rester impuni. RSF demande aux autorités ougandaises d'identifier et de traduire en justice au plus vite les responsables.
L'exercice du journalisme est difficile en Ouganda, surtout depuis l'arrivée au pouvoir du président Yoweri Museveni en 1986. Le climat de la presse est marqué par une hostilité envers les médias et les journalistes, publiquement accusés de "saboter le pays". Pendant les périodes électorales, les journalistes sont fréquemment pris à partie.
Des journalistes ciblés durant les élections
Au moins cinq journalistes ont été agressés par des militants politiques ou des forces de sécurité depuis septembre 2025, et au moins 18 journalistes dépêchés pour couvrir les élections législatives partielles d'un quartier du nord de Kampala avaient été violemment attaqués par les forces de sécurité entre février et mars 2025. L'un d'eux avait failli perdre la vue d'un œil.
En janvier dernier, alors que les élections présidentielle et législatives avaient lieu, trois journalistes étrangers ont été empêchés d'entrer dans le pays alors, malgré leurs accréditations. Internet a été coupé à la veille des élections et plusieurs organisations internationales indépendantes, dont le Réseau des droits de l'homme pour les journalistes (HRNJ Uganda) et le Centre africain d'excellence des médias (ACME), basées à Kampala, ont vu leurs activités suspendues par le Bureau national des ONG.