08/11/2026 | News release | Archived content
11 août, 2026Les travailleurs migrants comptent parmi les personnes les plus exposées aux risques de travail forcé dans le secteur de l'électronique. Telle est la conclusion des affiliés d'IndustriALL d'Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande. Ceux-ci ont rencontré des employeurs, des autorités gouvernementales et l'OIT en juillet et août. Parmi les problèmes récurrents dans l'ensemble du secteur figuraient la rétention des documents d'identité, les frais de recrutement excessifs et les lacunes dans l'enregistrement auprès de la sécurité sociale. Les participants sont convenus de la nécessité de renforcer l'inspection du travail. Ils ont également appelé à la mise en place de formations conjointes sur les indicateurs du travail forcé tout au long de la chaîne d'approvisionnement du secteur de l'électronique.
Dans le cadre du projet ElectroPower, une centaine de participants a pris part à trois tables rondes multipartites. On y retrouvait des syndicalistes, des représentants de travailleuses et travailleurs migrants, des représentants patronaux, des fonctionnaires et des représentants de l'OIT, qui se sont réunis à Jakarta, Kuala Lumpur et Bangkok en juillet et août.
Des syndicalistes ainsi que des travailleuses et travailleurs migrants ont témoigné du recours au travail forcé dans ce secteur. Ils ont décrit la rétention des documents d'identité, les heures supplémentaires excessives, ainsi que la retenue et la déduction illégale de salaires. Ils ont également dénoncé les frais de recrutement excessifs et les conditions de travail et de vie abusives.
Les syndicalistes indonésiens ont mis en évidence des risques en amont de la chaîne d'approvisionnement. Des conflits sociaux de longue haleine ont frappé les exploitations de nickel à Morowali, une source essentielle de matières premières pour les batteries et autres composants. Ils ont mis au jour des accidents du travail fréquents et des temps de travail excessifs. Des cas de violence et de harcèlement à caractère sexiste ont également été révélés.
Des dirigeants syndicaux malaisiens du secteur de l'électronique ont appelé les employeurs et les autorités gouvernementales à lutter contre l'ingérence des employeurs dans le droit à la liberté syndicale. Ils ont souligné que c'est la présence d'un syndicat qui permet de faire respecter les droits et de prévenir le travail forcé sur le lieu de travail.
En Thaïlande, les travailleuses et travailleurs migrants du secteur de l'électronique sont exposés à des risques accrus : contrats à court terme, lacunes dans l'affiliation à la sécurité sociale, exposition à des fuites de produits chimiques et licenciements abusifs.
Les participants sont convenus de la nécessité de renforcer l'inspection du travail. Ils ont également appelé à la mise en place de formations conjointes sur les indicateurs du travail forcé afin d'améliorer le suivi dans l'ensemble du secteur et de sa chaîne d'approvisionnement. Ils se sont félicités de la poursuite du dialogue social avec les parties prenantes de l'ensemble du secteur.
Alexander Ivanou, Directeur d'IndustriALL pour les TIC, l'électricité et l'électronique, a déclaré :
« Les travailleuses et travailleurs sont généralement les premiers à constater un problème, mais les derniers à être entendus. C'est pourquoi IndustriALL plaide en faveur d'une approche de remédiation axée sur les travailleurs : leurs voix doivent faire partie intégrante de la solution et non être ajoutées en fin de parcours. Cela signifie que les travailleuses et travailleurs doivent pouvoir faire part de leurs préoccupations sans craindre de représailles. Chaque salarié de ce secteur, qu'il soit local ou migrant, femme ou homme, devrait pouvoir travailler dans des conditions de dignité, de sécurité et de liberté. »
Le projet ElectroPower est cofinancé par l'Union européenne. Il vise à prévenir et à lutter contre le travail forcé dans la chaîne d'approvisionnement du secteur de l'électronique grâce à des pratiques d'emploi responsables et à des réponses institutionnelles plus fermes.