08/14/2026 | News release | Distributed by Public on 08/14/2026 03:27
Publié le 14 août 2026
À l'approche de la COP sur la désertification, l'AFD réaffirme son engagement en faveur du pastoralisme en Afrique de l'Est, un mode d'élevage qui contribue à préserver les écosystèmes et à renforcer la sécurité alimentaire et la stabilité régionale.
Les Nations unies ont désigné 2026 Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, un appel mondial visant à reconnaître ces éleveurs et à sécuriser leur accès à la terre, à la mobilité et aux marchés. Dans la Corne de l'Afrique, l'AFD transforme déjà cette ambition en action.
Le pastoralisme, mode d'élevage extensif caractérisé par la mobilité des troupeaux et l'utilisation de pâturages naturels, est un facteur clé de résilience sociale et économique. Sur les terres arides du Kenya, de l'Éthiopie et de la Somalie, le pastoralisme parvient en effet à faire vivre environ 20 millions de personnes et représente en moyenne 57 % du PIB agricole régional, 12 % du PIB national au Kenya à lui seul, et le principal moyen de subsistance pour 60 % de la population rurale somalienne.
Un outil de lutte contre la désertification
Grâce aux savoirs traditionnels des éleveurs, le pastoralisme contribue aussi à la préservation des écosystèmes et de la biodiversité. Il joue un rôle essentiel dans la souveraineté alimentaire et dans la lutte contre la désertification :
Pourtant, le secteur reste freiné par un sous-investissement chronique, des marchés fragmentés, une gouvernance fragile et des inégalités femmes-hommes.
Le Programme régional élevage : une réponse dans la durée
Pour répondre à ces défis, l'AFD soutient depuis avril 2025 le Programme régional élevage (PRE), cofinancé par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) et mis en œuvre par Mercy Corps, le Cirad, Helvetas et le Centre pour les zones pastorales et le développement de l'élevage de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (ICPALD).
Couvrant cinq corridors transfrontaliers d'élevage, dont Tog Wajaale (Éthiopie/Somaliland), Galkayo (Éthiopie/Somalie) et Wajir (Kenya), le programme poursuit trois objectifs : renforcer la production et la compétitivité de l'élevage pour 37 500 exploitations bénéficiaires, connecter les pasteurs aux marchés nationaux et internationaux et harmoniser les cadres politiques régionaux sur le sujet du pastoralisme.
Le Cirad apporte au PRE une contribution de recherche sur la mobilité du bétail, son impact sur le climat, la santé animale et les modèles économiques, renforçant l'argument selon lequel le pastoralisme est une pratique durable et compétitive, adaptée aux réalités de la région.
Le programme bénéficiera à plus de 540 000 personnes, avec une attention particulière portée aux femmes, qui représentent 30 % des bénéficiaires et sont notamment impliquées dans la production et la commercialisation du lait de chamelle, une source de revenus essentielle pour les ménages dans la Corne de l'Afrique.
L'entrepreneuriat des jeunes constitue par ailleurs l'un des principaux moteurs de développement du secteur, le programme cherchant à faire du pastoralisme un secteur attractif et professionnalisé, dans l'un des contextes les plus fragiles d'Afrique.
Apaiser les tensions autour de l'eau et des pâturages
L'accompagnement du PRE s'inscrit dans le cadre de l'instrument Minka Paix et Résilience de l'AFD, reflétant le lien étroit entre moyens de subsistance pastoraux et stabilité régionale.
Le soutien de l'AFD vise en effet à transformer la compétition entre éleveurs pastoraux et agriculteurs sédentaires en une gestion concertée des ressources afin de prévenir les tensions. Les actions portent sur la création d'espaces de concertation, le développement d'infrastructures agropastorales partagées, la sécurisation des couloirs de transhumance et le renforcement des mécanismes locaux de médiation pour prévenir et résoudre les conflits.