04/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/23/2026 11:00
Toronto (Ontario)
le 23 avril 2026
L'allocution prononcée fait foi
Je suis ravie d'avoir l'occasion de collaborer avec l'un des groupes de réflexion les plus respectés du Canada dans les domaines de la recherche et des enjeux politiques.
Avant de commencer, je tiens à préciser que je m'adresse à vous depuis le territoire traditionnel de nombreuses nations qui accueille aujourd'hui une grande diversité de peuples des Premières Nations, d'Inuit et de Métis.
Alors que nous sommes confrontés à des bouleversements sans précédent de l'ordre mondial, que le premier ministre a qualifiés comme étant une rupture à l'échelle planétaire, il est important que nous soulignions, exploitions et défendions nos forces en tant que pays.
Le Canada est une société ouverte avec de solides traditions démocratiques et de robustes protections des droits de la personne.
Notre économie est la dixième en importance au monde.
Nous entretenons des relations commerciales ouvertes et profondes avec des pays partout sur le globe.
Notre système financier est vaste, mature et stable.
Et nous comptons des entreprises canadiennes de premier plan à l'échelle mondiale dans les secteurs des technologies, des services financiers, des ressources naturelles et bien d'autres encore.
Ce sont là toutes de très bonnes nouvelles.
Toutefois, quelques-unes sont moins bonnes : des adversaires étrangers, des groupes du crime organisé transnational, des réseaux terroristes internationaux et d'autres acteurs s'efforcent d'exploiter les atouts et la bonne fortune du Canada.
On dénombre plus de 4 000 groupes criminels organisés actifs à travers le pays. Un certain nombre d'entre eux représentent une grande menace en raison de leurs réseaux bien implantés et de leur implication dans de nombreux types d'activités criminelles, qui génèrent chaque année des milliards de dollars de profits.
Leur quête du profit, qu'elle passe par l'extorsion, la fraude ou le trafic de drogue, menace nos communautés et nos citoyens les plus vulnérables.
L'automne dernier, la GRC en Ontario a souligné la contribution de CANAFE au démantèlement de l'un des plus importants réseaux de trafic de drogue connus sur le Web clandestin de l'histoire du Canada. Sept personnes ont été inculpées de dizaines d'infractions, et la police a saisi 75 kilogrammes de drogues illicites ainsi que 10 000 pilules. Il est facile d'imaginer les ravages que ces drogues auraient pu causer dans les communautés partout au Canada.
Le crime organisé menace également les entreprises canadiennes, car, selon un sondage récent de KPMG, 80 % des entreprises interrogées ont déclaré avoir perdu entre 1 % et 5 % de leurs bénéfices en raison d'attaques frauduleuses alimentées par l'intelligence artificielle.
Les attaques par rançongiciel visant les entreprises continuent également de gagner en ampleur, en fréquence et en complexité. Une étude menée par la société de cybersécurité Palo Alto Networks a révélé que la rançon moyenne versée par les entreprises canadiennes s'élevait à 1,13 million de dollars.
Pour profiter des avantages financiers associés aux crimes qu'ils commettent à l'encontre de la population et des entreprises du Canada, et pour étendre leurs réseaux et leurs infrastructures illicites, les groupes criminels organisés doivent blanchir les produits de leurs crimes par l'entremise du système financier canadien.
Au Canada, les activités de blanchiment d'argent sophistiquées et à grande échelle impliquent presque toujours des tiers, notamment des facilitateurs professionnels comme des avocats et des comptables. Ces personnes possèdent les compétences, la formation, l'infrastructure ou d'autres connaissances spécialisées nécessaires pour mettre en œuvre des stratagèmes complexes de blanchiment d'argent et faciliter les mouvements financiers illicites.
Les groupes criminels organisés exploitent également les technologies de pointe pour faciliter leurs crimes et blanchir leurs profits. Par exemple, l'utilisation d'agents conversationnels et de courriels générés par l'intelligence artificielle intensifie les cas de fraudes et les autres escroqueries, causant ainsi un tort accru à un nombre croissant de victimes.
Les criminels utilisent les cryptomonnaies pour percevoir des paiements liés à des fraudes et à des attaques par rançongiciels, ainsi que pour dissimuler l'origine criminelle de ces fonds. Les cryptomonnaies offrent à leurs utilisateurs un niveau élevé d'anonymat et une portée mondiale, ce qui leur permet d'effectuer rapidement des virements transfrontaliers et d'accéder à des territoires présentant un risque élevé.
Au-delà de la menace qu'il fait peser sur la population et les entreprises du Canada, le blanchiment d'argent mine l'intégrité de notre système financier et nuit à l'économie légitime du pays dont dépendent nos entreprises. Par exemple, ce crime fausse la valeur marchande, engendre une concurrence déloyale et porte atteinte à la réputation de notre secteur financier.
De manière plus générale, le blanchiment d'argent favorise la corruption, en plus d'entraîner l'érosion des institutions publiques et de la primauté du droit, une baisse des recettes publiques ainsi qu'une perte de crédibilité et d'influence sur la scène internationale.
Les terroristes et ceux qui les soutiennent cherchent également à exploiter le système financier canadien pour faciliter leurs activités destructrices. Qu'il s'agisse de personnes participant à l'extrémisme violent à caractère idéologique ici même, au Canada, de voyageurs extrémistes ou de groupes terroristes internationaux, nous avons observé la manière dont ils déplacent leur fonds pour faciliter leurs activités terroristes.
Nous avons également remarqué l'existence de liens de plus en plus étroits entre le terrorisme et le crime organisé transnational, ce qui donne lieu à une collaboration fondée sur des intérêts communs. Les terroristes s'appuient sur le crime organisé pour obtenir un soutien logistique et pour financer leurs activités grâce à l'extorsion, à des enlèvements contre une rançon et à d'autres gestes illégaux. L'année dernière, le Canada a inscrit plusieurs groupes du crime organisé transnational à la liste des entités terroristes en raison de leur implication dans des activités liées au terrorisme.
Alors, que faisons-nous pour protéger la population et le système financier du Canada?
En tant qu'unité du renseignement financier et organisme de surveillance en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement des activités terroristes du Canada, CANAFE est au cœur du vaste régime national mis en place par le Canada pour combattre ces menaces.
Notre rôle consiste à veiller à ce que les institutions financières, les casinos, les entreprises de services monétaires, certains professionnels de l'immobilier et certains autres secteurs d'activité respectent diverses obligations réglementaires. Ces dernières comprennent la vérification de l'identité des clients, la tenue de documents et la déclaration à CANAFE de certaines opérations financières.
Ces obligations sont des mesures importantes visant à dissuader les criminels et les terroristes d'agir au sein de l'économie légitime. Par exemple, le fait d'exiger aux clients de s'identifier se veut dissuasif, car on lève ainsi leur anonymat. De plus, comme ces activités sont consignées, il est possible d'en consulter l'information ultérieurement, lorsque cela est nécessaire, à titre de preuve.
Les obligations de déclaration nous permettent également d'obtenir l'information dont nous avons besoin pour produire du renseignement financier exploitable en soutien aux enquêtes des organismes d'application de la loi et de sécurité nationale.
L'argent est à la fois un levier et une vulnérabilité pour le crime organisé et d'autres acteurs malveillants. Lorsque des criminels et des terroristes font circuler leur argent au sein du système financier, il laisse des traces, et ce, même sur des plateformes dites anonymes. Il est alors possible de lier des personnes à des crimes et à de vastes réseaux, ainsi que de lier différents réseaux entre eux.
En suivant la trace de l'argent, CANAFE aide à cibler, à perturber et à démanteler les réseaux terroristes et du crime organisé.
Notre renseignement financier est utilisé par la police pour ouvrir des enquêtes, confirmer de l'information existante, établir des liens entre des personnes et des entreprises, et aider à préciser la portée de leurs cas ou à réorienter leurs efforts vers d'autres cibles. Il joue souvent un rôle crucial dans la préparation d'affidavits en vue d'obtenir des mandats de perquisition et des ordonnances de communication.
L'année dernière, notre renseignement financier a permis d'identifier plus de 8 600 sujets d'intérêt, comportait plus de 1,3 million d'opérations financières et a contribué à des centaines d'enquêtes d'organismes d'application de la loi et de sécurité nationale aux niveaux municipal, provincial et fédéral à travers le Canada, ainsi qu'à l'international.
En décembre, l'Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC a souligné la contribution de CANAFE à une enquête menée ici, à Toronto, sur des infractions liées au terrorisme. Une personne a été inculpée pour avoir fourni des biens destinés à la commission d'activités terroristes et pour avoir fourni des biens afin de financer ou d'aider un groupe terroriste, à savoir l'État islamique.
Notre renseignement financier est également utilisé par les autorités pour saisir des actifs, justifier les demandes d'inscription d'entités terroristes et améliorer la connaissance du gouvernement sur les aspects financiers des menaces, notamment le crime organisé, le terrorisme et le contournement des sanctions.
Compte tenu des menaces émergentes, sur quoi nous concentrons-nous actuellement?
Avant tout, nous nous assurons de remplir notre principal mandat en matière de renseignement financier et de soutenir les priorités nationales urgentes.
Récemment, je me suis jointe au ministre Champagne à Toronto et à Montréal pour annoncer une augmentation considérable de notre soutien à la lutte contre l'extorsion qui sévit partout au pays, dans le cadre de la réponse globale du gouvernement fédéral visant à s'attaquer à cette menace qui pèse sur la population et les entreprises du Canada.
Dans des communautés partout au pays, des réseaux criminels s'en prennent à des personnes et à des entreprises en recourant à des menaces, à de l'intimidation et à de la violence pour contraindre leurs victimes à faire certaines choses contre leur gré, notamment de leur verser de l'argent pour assurer leur sécurité. Nous cherchons à mettre fin à cette situation.
Nous avons déployé des agents du renseignement financier dans tout le pays, notamment dans la région du Grand Toronto, afin qu'ils collaborent directement avec les services de police locaux et offrent une expertise en matière de renseignement financier sur place. Cela permet aux organismes d'application de la loi de tirer pleinement parti de notre renseignement dans le cadre de leurs enquêtes et de leurs opérations de lutte contre l'extorsion.
Depuis le début de l'année, nous avons produit plus d'une centaine de communications de renseignements financiers liées à l'extorsion pour les organismes d'application de la loi du Canada.
Nous avons aussi collaboré étroitement avec les plus grandes banques canadiennes et des organismes d'application de la loi afin de cerner les tendances et les typologies des opérations financières liées à l'extorsion.
Aujourd'hui, nous publions un bulletin spécial portant sur les activités financières liées à l'extorsion et à la violence ciblant les communautés de la diaspora sud-asiatique du Canada ici, dans la région du Grand Toronto, et partout au pays. Ce bulletin aidera les entreprises à détecter ces activités criminelles et à déclarer des opérations douteuses à CANAFE, élément crucial nous permettant de produire du renseignement financier exploitable à l'intention des services de police.
Outre la lutte contre l'extorsion, nous avons renforcé notre soutien à celle menée par le gouvernement fédéral contre le fentanyl illégal.
Au début de l'année dernière, nous avons mis sur pied une équipe de production rapide de renseignements afin de prioriser la communication de renseignements financiers exploitables concernant les opioïdes illicites et les organisations criminelles transnationales. Depuis janvier 2025, nous avons produit plus de 300 communications de renseignements financiers en soutien à des enquêtes d'organismes d'application de la loi. Nous apportons également notre expertise et notre soutien à la Cellule de coordination des opérations et de renseignement de la GRC et au Tsar du fentanyl du Canada.
D'autre part, nous contribuons au Plan d'action national pour lutter contre le vol de véhicules du Canada. La Police régionale de Peel a d'ailleurs souligné la contribution de notre renseignement financier au projet Odyssey, une enquête visant un groupe criminel organisé responsable du vol de véhicules et de leur transport en passant par des plaques tournantes de la région du Grand Toronto jusqu'au Port de Montréal. Cette enquête s'est soldée par l'arrestation de seize personnes et à la récupération de 369 véhicules volés, d'une valeur de plus de 33 millions de dollars.
Nous participons aussi à la lutte contre la traite de personnes, un crime odieux qui touche des femmes et des filles canadiennes ici, en Ontario, notamment le long du corridor de l'autoroute 401, ainsi que dans tout le pays. L'année dernière, notre renseignement a permis d'identifier plus de 530 sujets d'intérêt et de contribuer à 26 projets d'enquête.
Le Service de police régional du Halton nous a remerciés pour notre aide à l'issue d'une longue enquête sur la traite de personnes. La police a affirmé que deux personnes recouraient à la violence physique et psychologique afin de contrôler et d'exploiter plusieurs femmes dans la région du Grand Toronto pour leur propre bénéfice financier. Ces personnes ont été inculpées, entre autres, des crimes d'agression, d'agression sexuelle et de traite de personnes.
Dans le cas de traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle, les trafiquants ciblent souvent les citoyens canadiens les plus vulnérables, la majorité des victimes étant des femmes âgées de moins de 25 ans, y compris des mineures âgées d'à peine 12 ans.
Nous nous sommes également mobilisés pour contribuer à la lutte contre la menace croissante de la fraude ciblant la population et les entreprises du Canada, en particulier la cyberfraude, et les terribles préjudices qu'elle cause. L'année dernière, plus de 25 % de nos communications de renseignements financiers indiquaient que la fraude était la principale infraction criminelle, notamment celle liée aux cryptomonnaies.
L'Équipe d'enquête sur la cybercriminalité de la GRC à Toronto a souligné notre contribution à une enquête menée l'année dernière qui s'est conclue par l'arrestation de deux cyberfraudeurs prolifiques ayant escroqué au moins 570 personnes canadiennes pour un montant de plusieurs millions de dollars.
En raison de ses conséquences toujours plus grandes pour la population et les entreprises du Canada, la fraude demeurera une des priorités de CANAFE. Pour ce faire, nous soutiendrons la toute première Stratégie nationale antifraude à l'échelle du gouvernement du Canada, une fois celle-ci prête, et nous collaborerons avec la future Agence contre les crimes financiers du Canada.
Il faut un réseau solide pour vaincre ceux du crime organisé et du terrorisme ici, au Canada, et ailleurs dans le monde. C'est pourquoi nous renforçons notre contrôle des entreprises réglementées ainsi que notre partenariat avec elles.
Nous nous engageons à collaborer avec les entreprises pour veiller à les informer des menaces émergentes et à ce qu'elles concentrent leurs efforts de conformité sur les priorités nationales, c'est-à-dire la lutte contre l'extorsion, la perturbation du trafic de fentanyl, la lutte contre la fraude et le démantèlement du crime organisé. Notre renseignement stratégique apporte un soutien concret aux entreprises afin de détecter les opérations douteuses et présentant un risque élevé, et de prendre les mesures qui s'imposent à leur égard.
Comme mesure prioritaire, nous exerçons une surveillance plus ciblée et avancée sur le plan technologique à l'égard des entreprises faisant le commerce de monnaies virtuelles, afin de répondre aux risques liés à ce secteur qui évolue rapidement. Depuis mars, nous avons révoqué l'inscription de plus de 150 entreprises de services monétaires, dont plusieurs proposaient des services liés aux monnaies virtuelles ici même, à Toronto.
En octobre dernier, nous avons imposé la plus lourde pénalité de l'histoire de CANAFE, qui s'élevait à plus de 176 millions de dollars, à une entreprise offrant des services liés aux monnaies virtuelles. Cette dernière avait commis plusieurs violations, comme le fait d'omettre de transmettre des déclarations d'opérations douteuses alors qu'il existait des motifs raisonnables de soupçonner que les opérations visées étaient liées au trafic de contenu pédopornographique, à la fraude, aux paiements associés à des rançongiciels et au contournement de sanctions.
Grâce à notre approche de surveillance renforcée fondée sur les risques, nous intensifions également notre contrôle des institutions financières canadiennes, compte tenu de l'importance de leurs volumes d'opérations, de la portée de leurs activités à l'échelle nationale et internationale, ainsi que du grand nombre de produits et de services à risque qu'elles proposent. Le secteur canadien des services financiers est mature, résilient et constitue un pilier essentiel de notre économie. Il s'agit aussi d'une cible privilégiée des acteurs malveillants.
Nous renforçons d'ailleurs notre surveillance des entités nouvellement réglementées, notamment les prêteurs et les courtiers hypothécaires, ainsi que du respect des nouvelles exigences législatives relatives au bénéficiaire effectif et au contournement des sanctions. Compte tenu du contexte géopolitique actuel, nous travaillons en étroite collaboration avec les entreprises, en particulier, afin d'aider à détecter et à décourager les mouvements illicites de fonds et de marchandises à destination de l'Iran et de la Russie.
Nous portons également attention aux risques de blanchiment d'argent dans le secteur du jeu en ligne et nous prendrons des mesures ciblées pour lutter contre la prolifération des plateformes de jeu illégales à travers le Canada.
Alors que nous nous attaquons aux plus grandes menaces qui pèsent sur le système financier canadien, nous sommes en train de mettre en œuvre d'importants changements législatifs et réglementaires en lien avec la Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, entrée en vigueur le 26 mars.
CANAFE s'est joint au Comité de surveillance des institutions financières, qui regroupe, notamment, le ministère des Finances Canada, la Banque du Canada et le Bureau du surintendant des institutions financières et d'autres organismes. Cela permettra d'améliorer la coordination entre les organismes dans la lutte contre la criminalité financière.
Nous mettons en place un programme d'inscription universelle simplifiée pour l'ensemble des 38 000 entités réglementées. Cela fera sortir des milliers d'entreprises de l'irrégularité, améliorant du coup notre capacité à observer leurs activités, à appliquer la loi et à faire respecter les exigences législatives et réglementaires.
Nous renforçons également le cadre d'imposition de nos pénalités administratives pécuniaires grâce à la nouvelle loi, qui multiplie par 40 le montant actuel des pénalités. Par ce changement, le Parlement a clairement fait comprendre aux entreprises que le non-respect des exigences ne peut être considéré comme un coût inhérent à faire affaire au Canada.
Notre priorité est d'aider les entreprises à respecter leurs obligations. Cependant, la population canadienne peut s'attendre à l'imposition de pénalités importantes, pouvant atteindre des dizaines, voire des centaines de millions de dollars, aux entreprises qui manquent à leur responsabilité morale et sociale de lutter contre la criminalité financière.
En vertu de la Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, nous sommes également autorisés à délivrer des ordres de conformité lorsque des entités ne font pas le nécessaire pour remédier aux violations commises. Ces ordres seront rendus publics et leur non-respect peut entraîner une pénalité pouvant atteindre 30 millions de dollars ou 3 % des recettes globales de l'entité.
Alors que nous accroissons nos efforts de surveillance, nous accélérons aussi notre transformation numérique en déployant des solutions technologiques de pointe et en modernisant nos systèmes afin de pouvoir exercer une surveillance accrue des entités réglementées.
Par exemple, nous cherchons à mettre au point un portail de prochaine génération qui permettra de faciliter la déclaration, d'offrir des directives en temps réel et de fournir des mises à jour réglementaires en temps opportun. En améliorant la qualité des données et en automatisant les processus, nous serons en mesure de combler les lacunes en matière de conformité, de permettre une gestion proactive des risques et de mieux aider les entreprises canadiennes à s'acquitter de leurs obligations.
La transformation numérique de nos activités de surveillance s'inscrit pleinement dans notre vision générale de modernisation en temps réel. Dans le cadre de cette vision, nous faisons progresser l'automatisation numérique à l'échelle de CANAFE, en tirant parti de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage machine, et en innovant en ce qui concerne l'analyse des données afin de renforcer nos programmes de renseignement financier et de surveillance.
Sur le plan de la lutte contre l'extorsion, par exemple, des capacités en temps réel en matière de renseignement financier nous permettraient de cerner de manière proactive, et plus rapidement, les réseaux qui menacent la population canadienne, et d'aider la police à les démanteler. Cela signifie que la police pourra cibler promptement les criminels et les empêcher de faire de nouvelles victimes. C'est là l'essence même de notre travail : aider à protéger la population, les entreprises et l'ensemble du système financier du Canada.
Nous ne pouvons pas y arriver seuls, et chacun d'entre vous qui êtes ici présents a un rôle à jouer.
Pour ceux d'entre vous qui occupent des postes de direction dans une entreprise réglementée, vos efforts en matière de conformité sont essentiels au succès du régime canadien de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement des activités terroristes. Vous êtes la première ligne du système financier canadien, et vous aidez à empêcher les acteurs malveillants d'y pénétrer. Qui plus est, vos déclarations constituent la pierre angulaire de nos activités de renseignement financier.
Pour ceux d'entre vous qui siègent au conseil d'administration d'entreprises réglementées, votre travail est essentiel pour garantir que votre organisation comprenne réellement les risques auxquels elle est exposée, que vos efforts en matière de conformité bénéficient d'un financement adéquat et que des mesures concrètes soient mises en place pour assurer une gestion efficace de ces risques. Ce que vous ferez aidera votre organisation à éviter de subir un préjudice financier et une atteinte à la réputation d'importance pour avoir mis à risque la population et les entreprises du Canada.
Quant aux experts, aux chercheurs et aux universitaires présents ici aujourd'hui, vos efforts sont essentiels pour nous aider à cerner les menaces et les risques qui apparaissent et évoluent rapidement, pendant une période de changement sans précédent, et pour combler les lacunes qui menacent la population et le système financier du Canada.
Finalement, pour les leaders d'opinion et les parties prenantes, nous avons besoin de votre aide pour sensibiliser à la menace que représentent de manière générale le blanchiment d'argent, le financement des activités terroristes et le contournement des sanctions. Il ne s'agit pas de crimes sans victime, mais bien d'une menace contre nous tous. Nous devons sans cesse renforcer nos défenses, ce qui exige une mobilisation, des ressources et, ultimement, le soutien de la population canadienne.
Pour passer à l'action, engageons-nous à adopter une approche en tant qu'Équipe Canada pour contrer ces menaces et protéger notre pays.