04/24/2026 | News release | Distributed by Public on 04/24/2026 11:44
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) indique avoir documenté plusieurs incidents au cours desquels des frappes israéliennes ont touché, et dans certains cas rasé, des immeubles d'habitation de plusieurs étages, tuant des familles entières.
« Ces frappes peuvent constituer de graves violations du droit international humanitaire », a déclaré lors d'un point de presse de l'ONU à Genève, Thameen Al-Kheetan, porte-parole du HCDH, relevant que des incidents similaires « se sont poursuivis au-delà de cette période, même après l'annonce du cessez-le-feu actuel ».
Dans ce contexte, le Haut-Commissariat souligne que ces pratiques ne se sont pas limitées à la période étudiée et se sont inscrites dans la durée. Le rapport pointe du doigt ainsi « de fréquentes attaques meurtrières contre des professionnels de santé, en particulier les secouristes, et contre des journalistes ».
« Le personnel médical, qu'il soit militaire ou civil, ainsi que les autres civils, y compris les journalistes, sont protégés en vertu du droit international humanitaire. Les prendre délibérément pour cible constituerait un crime de guerre », a insisté M. Al-Kheetan.
Le document reproche également à l'armée israélienne d'avoir brûlé ou contaminé des terres agricoles et perturbé ou détruit des moyens de subsistance, portant atteinte aux droits à l'alimentation, au travail et à un environnement sain. « Selon certaines informations, les forces israéliennes auraient utilisé des munitions contenant du phosphore blanc, qui a des effets particulièrement incendiaires ».
Par ailleurs, lors de nombreuses attaques israéliennes, aucun avertissement, ou aucun avertissement raisonnablement efficace, n'a été donné, empêchant ainsi de nombreux civils d'évacuer en toute sécurité. Mais ces ordres de déplacement « communiqués de manière vague par Israël » - couvrant près de 14 % du territoire libanais - ont entraîné le déplacement de plus d'un million de personnes, selon les autorités libanaises.
« Compte tenu de l'ampleur et des circonstances de ces ordres, ceux-ci pourraient constituer un déplacement forcé, interdit par le droit international humanitaire », a affirmé le porte-parole du HCDH, soulignant que cinquante-cinq localités du sud du Liban, près de la frontière avec Israël, restent aujourd'hui soumises à de tels ordres.
De son côté, le rapport épingle le Hezbollah accusé d'avoir tiré des roquettes sur des zones résidentielles en Israël, faisant des blessés parmi les civils et causant des dégâts aux bâtiments résidentiels ainsi qu'à d'autres infrastructures et biens civils. Les roquettes tirées par le Hezbollah auraient été non guidées, dépourvues de la précision nécessaire pour frapper des cibles militaires spécifiques.
Selon le HCDH, l'utilisation de telles armes sur des zones peuplées est susceptible de constituer une violation de l'interdiction des attaques aveugles prévue par le droit international humanitaire.
« Ces frappes pourraient également constituer de graves violations du droit international humanitaire », a précisé M. M. Al-Kheetan, ajoutant que la reprise des tirs du Hezbollah vers le nord d'Israël a également entraîné de nouveaux déplacements de population dans les zones touchées et potentiellement touchées.
Face à ces constats et aux conséquences humanitaires évoquées, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, appelle à la conduite d'enquêtes rapides et impartiales sur tous les incidents faisant l'objet d'allégations de violations du droit international humanitaire.
M. Türk appelle les États à suspendre toute fourniture d'armes et d'équipements militaires dès lors qu'il existe un risque clair de leur utilisation dans de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains.
Il appelle également toutes les parties à veiller à ce que le cessez-le-feu devienne une cessation permanente des hostilités et le fondement d'une paix durable.
Dans ce climat de violences documenté par le HCDH, l'UNESCO a de son côté condamné l'assassinat de la journaliste Amal Khalil à Al Tayri, dans le sud du Liban, le 22 avril 2026.
« Je demande qu'une enquête approfondie soit menée. Les journalistes jouent un rôle crucial pour assurer la circulation de l'information, essentielle à la consolidation de la paix dans les situations de conflit. Leur protection est primordiale pour toutes les parties », a réagi Khaled El-Enany, directeur général de l'UNESCO.
Amal Khalil travaillait comme reporter pour le journal local libanais Al-Akhbar. Elle aurait été tuée alors qu'elle se rendait en mission pour couvrir les événements dans la ville de Bint Jbeil. En septembre 2024, Amal Khalil aurait reçu des menaces de mort liées à son travail.
De son côté, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a annoncé vendredi le décès d'un Casque bleu indonésien blessé le mois dernier.
Le caporal Rico Pramudia avait été grièvement blessé à la suite de l'explosion d'un projectile dans sa base à Adchit Al Qusayr dans la nuit du 29 mars.
La FINUL a présenté ses condoléances à sa famille, à l'armée indonésienne et au gouvernement indonésien.
La mission a également appelé toutes les parties à respecter le droit international et à garantir la sécurité du personnel des Nations Unies, soulignant que les attaques contre les Casques bleus constituent des violations graves pouvant être qualifiées de crimes de guerre.