04/14/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/14/2026 10:29
L'intelligence artificielle (IA) se répand rapidement, mais aucune réglementation ne régit actuellement cette puissante nouvelle technologie. Or, les travailleuses et travailleurs ont besoin de lois strictes pour protéger leurs emplois et leurs droits fondamentaux. Le SCFP a porté ce message auprès des membres d'un comité sénatorial chargé d'étudier les impacts de l'IA.
Quand des employeurs et des gouvernements adoptent une nouvelle technologie, ils songent rarement aux travailleuses et travailleurs et, bien souvent, ils ne prennent pas le temps de les consulter. Sans garde-fous, l'IA donnera aux employeurs des pouvoirs démesurés.
Dans sa présentation au Comité sénatorial permanent des droits de la personne, la directrice intérimaire du Service de la recherche du SCFP, Sarah Ryan, a ciblé quatre grands risques que pose l'IA pour les travailleuses et travailleurs.
Pour voir sa présentation complète :
Emplois et formation
Les emplois à prédominance féminine sont deux fois plus susceptibles d'être affectés par l'IA, puisque les femmes occupent en grande partie des postes de soutien administratif et commercial, et ce genre de travail de bureau peut être automatisé.
Les travailleuses et travailleurs à temps plein qui occupent un emploi permanent sont plus susceptibles de recevoir de la formation que les personnes occupant un emploi à temps partiel ou précaire. Or, il sera essentiel d'offrir de la formation aux personnes qui perdront leur emploi ou qui auront besoin d'acquérir de nouvelles compétences en raison de l'IA.
Surveillance électronique
De nouveaux logiciels de surveillance des employé(e)s permettent un niveau de surveillance électronique sans précédent ; les employeurs peuvent désormais épier ce qui a été tapé au clavier, écouter les conversations, enregistrer les déplacements, et même recenser les émotions ou mesurer l'attention des employé(e)s.
Sarah Ryan a mis en garde les sénatrices et sénateurs que les travailleuses et travailleurs plus jeunes ou à faible revenu, ou qui sont des personnes en situation de handicap ou des personnes noires ou racisées, sont plus à risque de faire l'objet d'une telle surveillance.
Gestion algorithmique
L'IA redéfinit la relation entre employeurs et employé(e)s, a affirmé Sarah Ryan. Il y a des employeurs qui se déresponsabilisent en utilisant, entre autres, des systèmes de gestion algorithmique pour automatiser des décisions d'embauche ou l'application de mesures disciplinaires, ou encore pour établir les horaires de travail ou évaluer le rendement du personnel.
Préjugés et discrimination
Des préjugés et des éléments discriminatoires peuvent être intégrés aux données qui alimentent les systèmes d'IA et aux algorithmes de traitement de données. Aux États-Unis, des travailleuses et travailleurs ont déjà intenté des poursuites après que des outils d'IA les aient discriminés en raison de leur race, de leur âge ou d'un handicap. Beaucoup d'algorithmes relèvent d'un secret commercial et ne sont donc pas transparents, ni pour les travailleuses et travailleurs, ni pour les syndicats, ni même pour les employeurs.
La surveillance intrusive et la gestion algorithmique peuvent alourdir la charge de travail, augmenter le stress et nuire au bien-être psychologique des travailleuses et travailleurs, a averti Sarah Ryan.
Protégeons les droits des travailleuses et travailleurs
Le SCFP demande au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :
Sarah Ryan insiste : les travailleuses et travailleurs ne pourront pas combattre les systèmes d'IA de façon individuelle. Alors que le SCFP revendique des lois qui nous protégeront tous et toutes, ses membres peuvent, pour leur part, négocier des protections dans leur convention collective à l'aide de notre guide de négociation.
Le SCFP propose une multitude d'outils et de ressources en lien avec l'IA à scfp.ca/intelligence-artificielle.