05/13/2026 | Press release | Archived content
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président, Dr Aspect Maunganidze,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité du programme, du budget et de l'administration, Mesdames et Messieurs les membres des délégations des États Membres, chers collègues et amis, chères collègues et amies,
Bonjour et bienvenue à nouveau.
Je vous remercie, toutes et tous, pour votre attachement constant à l'action de l'OMS par l'intermédiaire de ce comité.
Je suis rentré pas plus tard qu'hier d'Espagne, où j'ai travaillé aux côtés de la Ministre Monica García Gómez et d'autres ministres, dans le cadre du débarquement et du rapatriement des passagers et de l'équipage du MV Hondius.
Étant donné que l'Espagne est membre du Comité et que nous avons l'honneur de compter parmi nous Monsieur l'Ambassadeur Gómez Martínez, je voudrais adresser mes remerciements au Premier Ministre Pedro Sánchez, à la Ministre de la santé, Madame García Gómez, ainsi qu'au Gouvernement espagnol pour leur leadership et leur partenariat exceptionnels au cours de la semaine écoulée. Muchas gracias.
Au fait, j'ai appris une expression espagnole : « vamos vamos » ; ils devaient terminer à temps et c'était le mot qu'ils utilisaient le plus - « vamos vamos ».
Non seulement l'Espagne a rempli son obligation juridique au titre du Règlement sanitaire international, mais elle a aussi assumé son devoir moral en faisant preuve de bienveillance et de compassion envers les passagers et l'équipage du navire.
S'il y a bien une chose dont notre monde divisé a besoin en ce moment, c'est de bienveillance et de compassion.
Je tiens aussi à remercier la population de Tenerife pour son soutien et sa solidarité tout au long de cette période, ainsi que l'Union européenne pour son appui.
Mais bien sûr, de nombreux autres pays sont intervenus.
Je remercie également l'Afrique du Sud, qui a été la première à confirmer, à l'Institut national des maladies transmissibles, la présence du hantavirus, après l'évacuation de la première patiente dans ce pays.
Mes remerciements au Royaume-Uni, qui a notifié l'OMS ainsi que tous les pays dans le cadre du Règlement sanitaire international.
Merci au Cabo Verde d'avoir aidé à évacuer les trois patients présentant des symptômes.
Je remercie les Pays-Bas, qui se sont investis à chaque étape de la flambée épidémique et ont accueilli les personnes évacuées du navire.
Et comme la Pologne est également membre du Comité, je tiens également à saluer le leadership du commandant polonais du navire, Jan Dobrogowski.
J'ai été en contact régulier avec le commandant Dobrogowski au cours de la semaine écoulée, et je tiens à les remercier, lui et son équipage, pour tout ce qu'ils ont fait afin de protéger les passagers dans cette situation très difficile.
Le navire est en route pour les Pays-Bas avec l'équipage, et un des premiers messages que j'ai reçus ce matin venait du commandant Dobrogowski. Il me disait ceci : « Bonjour cher Tedros. Je suis heureux de vous annoncer que pour le moment, personne à bord ne présente de symptômes. » Il m'a informé de la sorte tous les matins, soit dit en passant.
Tous les passagers ont désormais été rapatriés et ils resteront sous surveillance jusqu'au 21 juin, date de fin de la période de quarantaine.
Néanmoins, cela ne signifie pas que le danger est passé. De fait, avec le retour chez eux des passagers et de l'équipage, une nouvelle phase de danger a commencé.
L'OMS recommande qu'ils soient surveillés activement dans des installations de quarantaine ou à domicile pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, c'est-à-dire le 10 mai, ce qui signifie que la période de quarantaine se terminera le 21 juin.
Toute personne qui présenterait des symptômes devra être isolée et traitée immédiatement.
L'OMS continuera de travailler en étroite collaboration avec les spécialistes de tous les pays concernés.
Nous demandons à tous les pays de rendre régulièrement compte à l'OMS de l'état de santé et de bien-être des passagers et de l'équipage dans le cadre du Règlement sanitaire international.
Je tiens également à saluer les efforts extraordinaires déployés par l'ensemble de mes collègues de l'OMS, et notamment par Freddy Banza, qui a rejoint le navire à Cabo Verde et y est resté jusqu'à la fin du débarquement à Tenerife, surveillant l'état de santé des passagers et de l'équipage, et veillant à leur sécurité.
Le travail de ce Comité peut paraître très éloigné de la riposte opérationnelle à une situation d'urgence sur un navire en mer mais, en réalité, il y est étroitement lié.
Le travail de suivi et de gestion du budget programme de l'OMS, de ses finances, de ses ressources humaines et de bien d'autres aspects que vous accomplissez au sein de ce comité est ce qui sous-tend les activités techniques et opérationnelles de l'Organisation.
Le Comité ne fait peut-être pas la une des journaux, mais son travail n'en est pas moins essentiel.
Lors de notre dernière rencontre en janvier, j'ai décrit le vaste processus de définition des priorités et de réalignement que nous avons entrepris au cours des 16 derniers mois.
Ce processus est terminé. Nous sommes désormais dans une situation stable et nous allons de l'avant.
Nous avons aligné nos structures, nos capacités et nos ressources sur les priorités stratégiques que vous, nos États Membres, avez recensées et dont vous êtes convenus.
Comme vous avez pu le voir dans notre rapport, nous avons défini cinq catégories pour réaligner nos activités sur ces priorités : protéger et améliorer les fonctions essentielles ; réduire et arrêter ; regrouper ; collaborer ; et numériser.
Je suis par ailleurs heureux de pouvoir affirmer que notre situation financière est devenue plus stable, même s'il subsiste des risques.
Selon nos prévisions, le budget de base pour l'exercice biennal en cours devrait être financé à 90 %.
D'une certaine manière, notre position financière n'avait encore jamais été aussi bonne à ce stade d'un exercice biennal.
Toutefois, nous sommes conscients que dans le contexte actuel, il ne sera pas facile de combler le déficit.
Le paysage financier reste incertain.
Il va falloir, au cours des mois et années à venir, établir strictement l'ordre de priorité des dépenses et adopter une approche prudente et disciplinée de gestion financière, comme nous l'avons fait jusqu'ici.
Par ailleurs, étant donné que la majorité des contributions volontaires demeurent à objet désigné, des poches de pauvreté subsistent dans bon nombre de nos domaines d'activité.
Mais nous sommes sur la bonne voie.
Les réformes financières que nous avons entreprises dans le cadre du processus de transformation de l'OMS ont contribué à atténuer l'impact des coupes budgétaires auxquelles nous avons été confrontés l'année dernière, et rendent l'Organisation plus stable et résiliente.
Lorsque nous avons lancé le processus de transformation en 2017, nous étions conscients du fait que la dépendance excessive de l'OMS vis-à-vis des contributions volontaires d'une poignée de donateurs représentait un risque majeur, et nous avons pris des mesures en vue d'atténuer ce risque.
J'affirme donc à nouveau qu'il est essentiel que les États Membres continuent d'honorer leur engagement en faveur du financement durable en approuvant les trois autres augmentations des contributions fixées, en 2027, 2029 et 2031, tout en exprimant ma gratitude pour les augmentations que vous avez déjà approuvées en mai 2023 et en mai 2025.
Il s'agit d'un projet de longue haleine qui a commencé en 2017 et s'achèvera en 2031 - ce qui illustre bien le fait que les problèmes systémiques ne peuvent pas être résolus en un ou deux ans.
Lorsque ces augmentations auront été approuvées, l'Organisation atteindra un état d'équilibre qui permettra de garantir sa stabilité et son indépendance à long terme. Disposer d'une base de donateurs aussi large que possible peut prévenir des chocs comme celui que nous connaissons aujourd'hui et garantir notre indépendance.
Le financement durable de l'OMS est indispensable pour promouvoir la santé, fournir des services de santé et protéger la santé, notamment en coordonnant la riposte internationale face à des événements tels que la flambée de hantavirus.
Tout comme nous demandons aux États Membres d'honorer leurs engagements, le Secrétariat continue lui aussi de tenir ses engagements en matière de transparence, de responsabilisation et de résultats.
Le portail des États Membres, le portail Internet consacré au budget programme et celui consacré aux enquêtes, ainsi que les indicateurs relatifs au budget programme, sont autant de ressources conçues pour donner aux États Membres les informations qu'ils souhaitent, en temps réel - de manière à garantir la transparence.
Je suis convaincu qu'avec le temps, l'Organisation pourra fonctionner avec une empreinte allégée et plus ciblée.
Cela signifie que grâce à la réduction naturelle des effectifs, nous pourrons réduire davantage encore les dépenses de fonctionnement, tout en alignant continuellement notre personnel sur le mandat principal de l'OMS et son avantage comparatif : le leadership normatif, la sécurité sanitaire et le pouvoir fédérateur.
Cela nécessitera également de renoncer à certaines activités que d'autres sont mieux placés pour accomplir.
Cela suppose d'évoluer pour nous adapter aux besoins des pays et des personnes au service desquels nous œuvrons.
Enfin, cela exige de moderniser notre façon de travailler en regroupant les fonctions et en tirant un meilleur parti de l'intelligence artificielle, des technologies numériques et d'autres innovations.
Toutefois, comme ce Comité l'a souligné en janvier, il ne suffit pas que l'OMS seule se réforme - c'est toute l'architecture de la santé mondiale qui doit être rénovée.
En février, le Conseil exécutif a chargé le Secrétariat d'élaborer, en concertation avec les États Membres et les partenaires, une proposition concernant un processus conjoint de réforme de l'architecture de la santé mondiale, administré par l'OMS.
Au cours des trois derniers mois, le Secrétariat a travaillé d'arrache-pied à l'élaboration de cette proposition, organisant à cet effet des consultations et des séances d'information avec les États Membres, les partenaires et les acteurs non étatiques.
Je suis d'avis que le processus de consultation, de mobilisation et d'inclusion que nous avons adopté pour en arriver à ce stade montre d'ores et déjà que l'architecture de la santé mondiale peut évoluer rapidement en réponse à la volonté et à l'orientation collectives des États Membres.
Nous attendons avec intérêt vos conseils avant l'examen de cette proposition par l'Assemblée mondiale de la Santé.
Merci encore pour votre soutien et votre engagement en faveur des travaux de ce comité, ainsi que des activités et de la mission de l'OMS, à savoir le meilleur état de santé possible - non pas comme un luxe pour certaines personnes, mais comme un droit pour toutes et tous.
Je vous remercie. Monsieur le Président, c'est à vous.