06/11/2026 | News release | Distributed by Public on 06/11/2026 14:54
« Le Secrétaire général est profondément préoccupé par la poursuite de l'escalade au Moyen-Orient, notamment par les frappes des États-Unis contre l'Iran et celles de l'Iran contre des pays voisins du Golfe et au-delà qui ne sont pas parties au conflit, ainsi que par l'intensification marquée de la rhétorique hostile », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.
« Toute nouvelle détérioration pourrait déclencher une reprise totale des hostilités » avec des conséquences imprévisibles pour le Moyen-Orient et le reste du monde, en particulier pour les pays les plus vulnérables, a-t-il ajouté.
Le chef de l'ONU a également insisté sur le respect des droits et libertés de navigation conformément au droit international et sur l'obligation de protéger les civils.
Il a réaffirmé que « la seule voie à suivre » demeure un dialogue sincère et des négociations, appelant Washington et Téhéran à redoubler d'efforts pour parvenir à un accord pacifique, global et durable.
Trois membres d'équipage indiens ont été tués mercredi après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre le pétrolier MT Settebello au large d'Oman, à proximité du détroit d'Ormuz. Le navire tentait selon Washington d'exporter du pétrole iranien malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.
Le Secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a condamné avec fermeté cette attaque. « Tout acte mettant en danger la vie des gens de mer et la sécurité de la navigation internationale est inacceptable », a-t-il déclaré dans un message sur le réseau social X, présentant ses condoléances aux familles des victimes.
L'OMI a appelé à une enquête complète et transparente sur les circonstances de l'incident et rappelé que la protection des marins ainsi que la liberté de navigation doivent rester une priorité absolue.
Dans le sud du Liban, où Israël s'affronte avec le Hezbollah pro-iranien, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a signalé plusieurs incidents préoccupants.
Jeudi matin, une frappe a touché les abords d'un convoi logistique de la mission onusienne dans le village de Harris. Deux Casques bleus malaisiens ont été légèrement blessés et deux véhicules de l'ONU endommagés. Leur état est stable, a précisé M. Dujarric, lors d'un point de presse à New York.
La veille, un char israélien avait également tiré à proximité d'un autre convoi de la FINUL dans le secteur ouest. Par ailleurs, les Casques bleus ont observé une activité intense de drones dans la région de Bayyadah, dont plusieurs ont survolé des positions onusiennes.
La FINUL a dénoncé des incidents « inacceptables » et rappelé que le personnel et les biens des Nations Unies sont inviolables. La mission a également enregistré 86 violations de l'espace aérien libanais par Israël en une seule journée, ainsi que 14 frappes aériennes et des centaines de trajectoires de projectiles de part et d'autre de la Ligne bleue, qui sépare le Liban et Israël.
Dans le territoire palestinien occupé, les agences humanitaires de l'ONU s'inquiètent d'une aggravation de la violence en Cisjordanie.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le nombre d'attaques de colons ayant causé des victimes ou des dégâts matériels a dépassé le seuil de 1.000 depuis le début de l'année. Plus de 230 communautés ont été affectées et plus de 2.200 Palestiniens ont été déplacés en raison de ces violences et d'autres restrictions d'accès.
Le rythme actuel, avec une moyenne de six incidents par jour, est le plus élevé jamais enregistré.
Parallèlement, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni en mai une aide alimentaire ou financière à plus de 300.000 personnes en Cisjordanie, tandis que les partenaires sanitaires de l'ONU alertent sur la réduction des services médicaux en raison du manque de médicaments, de matériel et des restrictions d'accès.
Dans la bande de Gaza, les équipes de lutte antimines de l'ONU ont réalisé une cinquantaine d'évaluations de risques liés aux engins explosifs au cours de la première semaine de juin afin de faciliter les opérations humanitaires et le déblaiement des décombres.
Les partenaires de l'ONU dans le domaine de la nutrition ont de leur côté tiré la sonnette d'alarme. En mai, plus de 77.000 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été dépistés, et plus de 4 % souffraient de malnutrition aiguë nécessitant un traitement. Parmi plus de 53.000 femmes enceintes ou allaitantes examinées, plus de 3 % ont également dû être prises en charge.
Face à cette accumulation de crises, les Nations Unies continuent d'appeler toutes les parties à faire preuve de retenue et à privilégier une solution politique afin d'éviter une nouvelle déstabilisation de la région.