United Nations Security Council

01/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/30/2026 15:18

Chypre: le Conseil de sécurité reconduit pour un an le mandat de l’UNFICYP

Le Conseil de sécurité a décidé de proroger jusqu'au 31 janvier 2027 le mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) en adoptant par 13 voix pour et 2 abstentions (Pakistan et Somalie) la résolution 2815 (2026). Ce texte* a été mis à jour afin de refléter les récents développements politiques et opérationnels sur le terrain.

Ainsi, le Conseil demande instamment aux parties et à tous les acteurs concernés de s'efforcer dans toute la mesure possible de dialoguer activement avec le Secrétaire général et son équipe. Il accueille du reste avec satisfaction l'intensification du dialogue mené par le Chef de l'ONU avec les parties.

De même, il encourage les dirigeants de l'île à prendre toute nouvelle mesure en vue de mener à bien les initiatives de renforcement de la confiance convenues, en particulier sur la question de l'ouverture de nouveaux points de passage.

Par ce texte, le Conseil de sécurité se déclare en outre préoccupé par le brouillage de la distinction entre installations civiles et militaires. D'après e rapport du Secrétaire général (S/2026/8), la mission a en effet continué de protester vigoureusement auprès des autorités de la République de Chypre contre leur politique consistant à intégrer des positions militaires dans les bâtiments civils le long de la ligne de cessez-le-feu sud.

La résolution note aussi que les disparités socioéconomiques pourraient compromettre les perspectives d'un règlement, demandant instamment que soit menée toute action susceptible d'y remédier moyennant des contacts véritables.

Le Conseil appuie en revanche l'appel lancé par les deux dirigeants pour que le Comité des personnes disparues à Chypre puisse mener ses travaux sans ingérence politique, et salue par ailleurs la création du Comité technique de la jeunesse.

Créée en 1964, l'UNFICYP était au départ chargée de prévenir de nouveaux affrontements entre les communautés chypriote grecque et chypriote turque.

Après les hostilités de 1974, et en l'absence de règlement politique du problème chypriote, la Force est restée sur l'île pour surveiller les lignes de cessez-le-feu, maintenir une zone tampon, mener des activités humanitaires et soutenir la mission de bons offices du Secrétaire général.

*L'UNCIFYP avait été prorogée l'an dernier par la résolution 2771 (2025)


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La situation à Chypre -(S/2026/8, S/2026/9)

Texte du projet de résolution

Le Conseil de sécurité,

Prenant acte du rapport du Secrétaire général, en date du 5 janvier 2026, sur sa mission de bons offices à Chypre (S/2026/9) ainsi que de son rapport sur l'opération des Nations Unies à Chypre (S/2026/8), et soutenant sans réserve le travail accompli par le Secrétaire général et le fait qu'il reste prêt à user de ses bons offices pour aider les parties,

Soulignant que c'est principalement aux Chypriotes qu'il appartient de trouver une solution, et réaffirmant le rôle de premier plan qui revient à l'Organisation des Nations Unies d'aider les parties à parvenir d'urgence à un règlement global et durable du conflit à Chypre et de la question de la division de l'île,

Rendant hommage au Secrétaire général pour sa mobilisation personnelle constante et celle de son équipe, constatant avec satisfaction les efforts intenses déployés par l'Envoyée personnelle du Secrétaire général, María Ángela Holguín Cuéllar, à partir de mai 2025, se félicitant de l'intensification du dialogue entre les deux parties et de l'issue des réunions informelles élargies organisées à Genève le 18 mars 2025 et à New York le 17 juillet 2025, se félicitant de la volonté manifestée par les deux dirigeants de faire avancer les initiatives visant à renforcer la confiance, et encourageant les deux camps et les parties concernées à continuer de dialoguer constructivement en vue de trouver une solution mutuellement acceptable,

Saluant l'action menée par le précédent Représentant spécial du Secrétaire général et se félicitant de la nomination de Khassim Diagne au poste de Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP),

Soulignant son plein appui à l'action que mène actuellement le Secrétaire général, réaffirmant qu'il importe de faire preuve d'ouverture, de souplesse et d'un esprit de compromis dans la recherche d'un terrain d'entente, de sorte que les négociations officielles puissent reprendre, et demandant instamment aux parties de redoubler d'efforts pour parvenir à un règlement durable, global et juste fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale et sur l'égalité politique, comme le prévoient ses résolutions sur la question, notamment le paragraphe 4 de sa résolution 716 (1991),

Notant qu'il importe de progresser davantage pour ce qui est de relancer des négociations officielles, encourageant vivement toutes les parties à saisir l'occasion que présente le dialogue mené par le Secrétaire général, et soulignant que le statu quo n'est pas viable, que la situation sur le terrain n'est pas statique et que l'absence d'accord aggrave les tensions politiques et contribue à éloigner les deux communautés l'une de l'autre, risquant ainsi de provoquer des changements irréversibles sur le terrain et de réduire les perspectives d'un règlement,

Exhortant les deux camps et toutes les parties concernées à prendre des mesures pour réduire les tensions dans la zone tampon et alentour et à s'abstenir de prendre des mesures qui ne seraient pas propices au processus de paix en général, soulignant qu'il importe de respecter l'intégrité et l'inviolabilité de la zone tampon, réaffirmant les pouvoirs dévolus à l'UNFICYP dans la zone tampon et la délimitation de celle-ci, et soulignant qu'il importe de s'abstenir de prendre des mesures susceptibles de porter atteinte aux pouvoirs dévolus à l'UNFICYP,

Rappelant la déclaration de son Président (S/PRST/2021/13) et toutes les résolutions et déclarations de sa présidence concernant Varosha,

Rappelant sa résolution 1325 (2000) et toutes ses résolutions connexes, considérant que la participation pleine, égale et véritable des femmes et le fait qu'elles jouent un rôle moteur sont essentiels à la consolidation de la paix à Chypre et contribueront à assurer la viabilité de tout règlement futur, se félicitant des efforts déployés pour faire se rencontrer un plus grand nombre de femmes parties prenantes des deux camps, soulignant qu'il importe d'accélérer l'application pleine et effective du plan d'action commun visant à garantir la participation pleine, égale et véritable des femmes aux pourparlers de paix, et encourageant les parties à faire en sorte que les besoins et les perspectives des femmes soient pris en compte dans un règlement futur,

Rappelant sa résolution 2250 (2015) et ses résolutions connexes, dans lesquelles il s'est dit conscient que les jeunes apportaient une contribution importante et constructive au maintien et à la promotion de la paix et de la sécurité et, singulièrement, pour ce qui était de la stabilisation, de l'inclusion et de la réussite des activités de maintien et de consolidation de la paix, et encourageant par ailleurs la participation pleine, égale et véritable des jeunes au processus,

Rappelant l'importance fondamentale d'adhérer pleinement aux dispositions du droit international applicables dans la prise en charge des demandeurs d'asile et des réfugiés,

Rappelant la constatation du Secrétaire général selon laquelle les disparités socioéconomiques entre les deux communautés chypriotes se sont encore accentuées, sachant que cela risque d'éloigner davantage les communautés l'une de l'autre sur l'île et de compromettre les perspectives d'un règlement, et, dans ce contexte, demandant instamment que soit menée toute action susceptible d'y remédier moyennant des contacts véritables,

Se déclarant préoccupé par la persistance des problèmes d'ordre public à Pyla/Pile, se félicitant de la coordination effective entre les deux parties au moyen de la création de l'annexe de la salle de communication mixte à Pyla/Pile, et exhortant les parties à continuer de collaborer avec l'UNFICYP afin de mettre en place des mesures efficaces de lutte contre les activités criminelles,

Soulignant l'importance des initiatives de renforcement de la confiance et de leur mise en œuvre rapide, et encourageant vivement les parties à poursuivre le dialogue sur cette question et à envisager notamment de nouvelles mesures de renforcement de la confiance en matière militaire,

Demandant instamment aux parties de redoubler d'efforts pour promouvoir les contacts intercommunautaires, le commerce intra-insulaire, la réconciliation et la participation active de la société civile, en particulier des femmes et des jeunes, constatant que des contacts et une communication réguliers et véritables entre les parties améliorent les perspectives de règlement, sont dans l'intérêt de tous les Chypriotes et aident à régler les questions qui intéressent toute l'île, notamment celles relatives à la santé, à la criminalité, à la protection de l'environnement et à l'économie, les problèmes liés aux impacts environnementaux et les difficultés associées aux migrations, soulignant l'importance des mesures prises pour lever les obstacles au commerce intra-insulaire, et exhortant les deux parties à redoubler d'efforts à cet égard,

Notant que le Gouvernement chypriote convient qu'en raison de la situation qui règne dans l'île, il est nécessaire de maintenir en activité l'UNFICYP au-delà du 31 janvier 2026,

Se félicitant des mesures prises à ce jour pour renforcer les capacités de liaison et de dialogue de la mission, notant que, dans la perspective d'un règlement et conformément à la résolution 2594 (2021) et aux autres résolutions sur la question, il importe d'établir des plans de transition, et soulignant qu'il est nécessaire d'examiner régulièrement toutes les opérations de maintien de la paix, dont l'UNFICYP, afin d'en assurer l'efficacité et l'efficience,

Remerciant les États Membres qui fournissent du personnel à l'UNFICYP et notant les contributions volontaires que le Gouvernement chypriote et le Gouvernement grec ont continué de verser pour financer la Force,

1. Réaffirme toutes ses résolutions sur Chypre, en particulier sa résolution 1251 (1999), et rappelle qu'il importe de parvenir à un règlement durable, global et juste fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale et sur l'égalité politique, comme le prévoient ses résolutions sur la question, notamment le paragraphe 4 de sa résolution 716 (1991);

2. Demande instamment aux parties et à tous les acteurs concernés de s'efforcer dans toute la mesure possible de dialoguer activement avec le Secrétaire général et son équipe;

3. Appuie pleinement le dialogue mené par le Secrétaire général avec les parties, accueille avec satisfaction l'intensification du dialogue, en particulier les réunions informelles élargies du Secrétaire général qui se sont tenues le 18 mars et le 17 juillet 2025, la réunion trilatérale qui a été organisée le 27 septembre 2025 à New York, et les rencontres entre les deux dirigeants qui ont eu lieu le 20 novembre et le 11 décembre 2025 sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, se réjouit qu'un accord sur un ensemble d'initiatives visant à créer un climat de confiance ait été conclu lors des réunions informelles élargies tenues les 18 mars et 17 juillet et que certaines de ces initiatives aient été mises en œuvre, encourage de nouvelles avancées à cet égard, ainsi que la poursuite du recours aux réunions informelles élargies comme convenu, et souligne à quel point il importe que les parties et tous les participants concernés abordent le processus dans un esprit d'ouverture, de souplesse et de compromis et fassent preuve de la volonté politique et de la détermination nécessaires pour négocier librement un règlement mutuellement acceptable sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies;

4. Rappelle le statut de Varosha, tel que défini dans les résolutions pertinentes, dont les résolutions 550 (1984) et 789 (1992), ainsi que la déclaration de son Président (S/PRST/2021/13), qui condamne l'annonce faite le 20 juillet 2021 par les dirigeants turcs et les dirigeants chypriotes turcs de la réouverture d'une partie de la zone clôturée de Varosha, déplore vivement que des mesures unilatérales contraires à ses résolutions et déclarations précédentes sur Varosha continuent d'être prises, demande que l'on revienne immédiatement sur ces mesures et sur toutes celles qui ont été prises concernant Varosha depuis octobre 2020, regrette profondément qu'il ne soit toujours pas tenu compte de cette demande, met en garde contre tout nouvel acte contraire à ces résolutions concernant Varosha, insiste sur le fait que toute nouvelle mesure unilatérale pourrait entraîner une réponse de sa part, et souligne une fois de plus qu'il importe d'éviter tout acte unilatéral susceptible d'accroître les tensions sur l'île et de compromettre les perspectives d'un règlement pacifique;

5. Souligne qu'il continue de suivre de près l'évolution de la situation à Pyla/Pile depuis août 2023, insiste sur la nécessité pour les deux parties d'éviter tout acte unilatéral susceptible d'accroître les tensions sur l'île et de compromettre les perspectives d'un règlement, encourage toute action visant à promouvoir un climat propice de sorte que les négociations officielles puissent reprendre en vue d'un règlement durable à Chypre, se félicite du dialogue noué par le Représentant spécial du Secrétaire général avec toutes les parties pour parvenir à un accord sur les aménagements concernant le plateau de Pyla/Pile, comme indiqué au paragraphe 11 du rapport du Secrétaire général (S/2024/12), regrette que la mise en œuvre de l'accord soit toujours suspendue, et exhorte toutes les parties concernées à coopérer de manière constructive avec l'UNFICYP sur la marche à suivre, ce qui constitue une importante mesure de confiance;

6. Se félicite de la promotion de relations de voisinage pacifiques en Méditerranée orientale, réaffirme que les différends en Méditerranée orientale doivent se régler de façon pacifique et dans le respect du droit international applicable, demeure convaincu des avantages nombreux et importants, notamment économiques, qu'aurait pour tous les Chypriotes et pour la région un règlement global et durable, demande, comme l'a déjà fait le Secrétaire général, que l'on évite toute nouvelle escalade, et invite une nouvelle fois les dirigeants des deux communautés chypriotes et toutes les autres parties à s'abstenir de tout acte ou propos susceptible de compromettre le processus de règlement ou d'accroître les tensions sur l'île;

7. Rappelle sa résolution 2771 (2025) et demande de toute urgence aux deux dirigeants:

a) de poursuivre leurs efforts afin de fournir l'appui et les directives générales nécessaires aux comités techniques afin que ceux-ci puissent mener leurs travaux sans entrave politique et opérer effectivement, en coordination et en coopération sur les questions qui concernent l'ensemble de l'île, en particulier en faisant avancer les initiatives de renforcement de la confiance convenues en 2025 qu'ils ont été chargés de mettre en œuvre et en surmontant les récents blocages politiques qui ont ralenti ou entravé les progrès, notamment en mettant judicieusement à profit les compétences des comités techniques bicommunautaires chargés de la santé, des questions pénales, de la gestion des crises, des affaires humanitaires et des questions économiques, de leur donner les moyens de présenter des propositions pour examen afin de renforcer les contacts intercommunautaires et d'améliorer la vie quotidienne de tous les Chypriotes, et de prendre en considération les conseils de la mission de bons offices du Secrétaire général en ce qui concerne les autres moyens de renforcer l'action des comités techniques, d'améliorer leurs résultats et de les protéger et de les préserver des débats politiques plus larges;

b) de veiller à une coordination et à une coopération efficaces en matière pénale;

c) de redoubler d'efforts pour promouvoir l'éducation à la paix sur l'ensemble de l'île, notamment en revitalisant le Comité technique de l'éducation et en lui donnant les moyens d'appliquer les recommandations figurant dans son rapport conjoint de 2017, en particulier celles relatives aux prises de décision, et de lever les obstacles à la paix en procédant à une évaluation conjointe des supports scolaires, dont les manuels, de manière à renforcer la confiance entre les communautés, domaine qui n'a guère progressé, ainsi qu'en appuyant des projets d'éducation à la paix visant à renforcer les contacts et la collaboration intercommunautaires à Chypre et à faciliter la participation véritable des jeunes au processus de paix, notant avec inquiétude que le Comité technique de l'éducation ne s'est pas réuni pendant la période considérée et qu'aucune coopération intercommunautaire n'a eu lieu concernant la participation des étudiants ou la révision des manuels scolaires;

d) d'améliorer le climat général qui entoure les négociations en vue de garantir un règlement du conflit et d'y préparer les communautés au moyen de messages publics sur l'avenir, en diffusant des messages plus constructifs et plus cohérents, notamment en encourageant plus explicitement les contacts et la coopération intercommunautaires et en apportant un appui direct aux initiatives individuelles de renforcement des liens entre les populations, et en s'abstenant de tout acte ou discours qui risquerait de faire dérailler le processus de règlement ou d'en entraver la réussite;

e) d'aider davantage la société civile à participer aux efforts de paix et de lui garantir un rôle véritable, en particulier en créant un organe consultatif, comme convenu lors de la réunion informelle élargie qui s'est tenue en juillet 2025, en renforçant la participation des organisations de femmes, et en contribuant à ce que les recommandations issues de l'étude d'impact socioéconomique soient appliquées afin de lever les obstacles existants et de garantir que tout accord de paix futur profitera de façon plus égale aux femmes et aux hommes à Chypre, saluant la création du Comité technique de la jeunesse et sa première manifestation publique, et prenant note des initiatives actuellement menées par les Comités;

8. Déplore l'absence de participation pleine, égale et véritable des femmes et de participation des jeunes au processus de paix, se félicite de l'adoption et du lancement du plan d'action sur la participation pleine, égale et véritable des femmes au processus de règlement, qui vise à appuyer et à encourager le dialogue avec la société civile, notamment les dirigeantes et les organisations de femmes, et à tenir compte des questions relatives aux femmes et à la paix et à la sécurité dans tout processus de règlement futur, exhorte les dirigeants des deux parties à apporter, à titre prioritaire, au Comité technique de l'égalité des sexes l'appui politique nécessaire pour accélérer l'application intégrale et effective de toutes les recommandations figurant dans le plan d'action, à examiner l'exécution du plan tous les six mois et à formuler des recommandations selon qu'il conviendra, et note une fois de plus la demande du Secrétaire général concernant la présence de femmes dans les délégations;

9. Déplore vivement l'absence de progrès s'agissant de la création d'un mécanisme efficace en vue de contacts militaires directs entre les deux parties et tous les acteurs concernés, et prie les parties et les autres acteurs concernés de manifester un esprit de dialogue et de compromis afin d'élaborer, avec le concours de l'UNFICYP, une proposition acceptable relative à la création et à la mise en place d'un tel mécanisme dans les meilleurs délais;

10. Demande aux parties de réduire les obstacles existants aux contacts intercommunautaires, souligne l'importance d'une communication effective pour l'atténuation des risques et le renforcement de la confiance entre les communautés, se félicite à cet égard de l'augmentation récente des échanges commerciaux de part et d'autre de la Ligne verte tout en notant que les niveaux d'échange n'ont pas encore atteint leur plein potentiel, encourage tout nouveau progrès tendant à ce que ce potentiel soit réalisé, fait sien l'appel du Secrétaire général en faveur d'une action renouvelée visant à éliminer les obstacles subsistants ainsi que la priorité donnée lors des réunions informelles élargies aux mesures concrètes visant à améliorer les contacts intercommunautaires et à renforcer la confiance entre les communautés, salue l'accord conclu lors des deux réunions par les dirigeants concernant des initiatives visant spécifiquement à renforcer la confiance, se félicite des progrès accomplis pour honorer les engagements pris à ce jour, et, à cet égard, encourage les dirigeants à prendre toute nouvelle mesure en vue de mener à bien les initiatives de renforcement de la confiance convenues, en particulier sur la question de l'ouverture de nouveaux points de passage, tout en sachant que les mesures de renforcement de la confiance, certes importantes parce qu'elles créent un climat favorable, ne sauraient remplacer la recherche d'une solution au problème de Chypre;

11. Salue les travaux du Comité des personnes disparues à Chypre, engage toutes les parties à coopérer davantage avec le Comité, notamment en lui donnant immédiatement libre accès à toutes les zones et en répondant sans délai aux demandes d'archives concernant d'éventuels lieux d'inhumation, et appuie l'appel lancé par les deux dirigeants pour que le Comité puisse mener ses travaux sans ingérence politique et pour que ce processus humanitaire ne soit pas politisé;

12. Appuie pleinement l'UNFICYP, décide d'en proroger le mandat jusqu'au 31 janvier 2027, affirme son intention de continuer de suivre de près la situation à Chypre, et se déclare prêt à examiner l'application de la présente résolution dans la mesure nécessaire, en tenant compte des recommandations formulées par le Secrétaire général dans les rapports qu'il présentera conformément au paragraphe 24 de la présente résolution;

13. Condamne les violations persistantes du statu quo militaire le long des lignes de cessez-le-feu, les empiètements signalés par les deux parties dans la zone tampon et les risques associés, les obstacles à la délimitation par la mission de la zone tampon, la persistance des violations militaires et la poursuite de constructions non autorisées et de l'installation d'équipements de surveillance de qualité militaire le long de la zone tampon dont il est fait état aux paragraphes 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21 et 22 du rapport du Secrétaire général (S/2026/8), qui entravent fortement les activités de l'UNFICYP et portent atteinte aux pouvoirs qui lui sont dévolus, se déclare préoccupé par le brouillage de la distinction entre installations civiles et militaires mentionné au paragraphe 16 du rapport du Secrétaire général (S/2026/8), et réaffirme son appui à la proposition formulée par le Secrétaire général en vue d'un dialogue entre les parties et le Représentant spécial afin d'envisager la possibilité d'un accord sur des installations technologiques et l'évacuation des positions se trouvant à proximité de la zone tampon;

14. Souligne que les parties et tous les acteurs concernés doivent respecter les pouvoirs dévolus à l'UNFICYP dans la zone tampon et la délimitation de celle-ci et s'abstenir de tout acte unilatéral en contravention de ces pouvoirs, réaffirme qu'il reconnaît la délimitation faite par l'UNFICYP de la zone tampon, se dit particulièrement préoccupé par l'absence de mesures de désescalade dans la zone tampon et alentour, par le nombre élevé de violations liées à la progression des forces dont il est fait état au paragraphe 15 du rapport du Secrétaire général (S/2026/8) et par les remises en cause du statu quo relatif à la zone tampon dans certains secteurs, demande le rétablissement du statu quo ante concernant les violations commises dans la zone tampon, réaffirme qu'il importe que les parties appliquent les dispositions de l'aide-mémoire de 2018 de l'Organisation des Nations Unies pour garantir la paix et la sécurité dans la zone tampon, continue de prier le Secrétaire général de lui signaler, ainsi qu'aux pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police, tous actes privant la Force des moyens de s'acquitter de son mandat, notamment tout risque compromettant l'intégrité de la zone tampon et la sûreté, la sécurité, l'accès et la liberté de circulation du personnel de l'UNFICYP, ainsi que toute ingérence, de la part de tout acteur, dans les activités que mène la Force partout dans l'île, et les mesures prises pour amener les auteurs de tels actes à rendre des comptes, le cas échéant, et demande instamment aux deux parties de respecter l'intégrité et l'inviolabilité de la zone tampon, de démanteler toutes les constructions non autorisées et d'empêcher les activités militaires ou civiles non autorisées à l'intérieur de cette zone et le long des lignes de cessez-le-feu;

15. Souligne que les pouvoirs dévolus à l'UNFICYP s'étendent à l'ensemble de Chypre, invite toutes les parties à continuer de coopérer avec la Force, demande instamment que soit pleinement respectée la liberté de circulation de l'UNFICYP sur l'ensemble de l'île et que soient levées toutes les restrictions aux déplacements et à l'accès de la mission, notamment pour faire en sorte que celle-ci puisse effectivement et systématiquement surveiller la situation, en particulier à Varosha, et ailleurs, et en rendre compte, souligne que les restrictions à la liberté de circulation peuvent mettre gravement en danger la sûreté et la sécurité des membres du personnel des Nations Unies servant dans les opérations de maintien de la paix, note avec satisfaction que l'UNFICYP utilise des outils pertinents pour renforcer sa perception de la situation, encourage tout nouveau progrès à cet égard, dans la limite des ressources disponibles et, le cas échéant, en consultation avec les parties, conformément à la pratique établie, et prie le Secrétaire général, les États Membres et toutes les parties de redoubler d'efforts afin de prendre toutes les mesures appropriées pour garantir la sûreté et la sécurité et la liberté de circulation du personnel de l'UNFICYP et pour accorder à ce dernier un accès immédiat et sans entrave, conformément à la résolution 2518 (2020);

16. Se déclare préoccupé par les activités non autorisées ou criminelles menées dans la zone tampon et les risques qu'elles font peser sur la sûreté et la sécurité des soldats de la paix, condamne toute attaque perpétrée contre l'UNFICYP et son personnel, se déclare préoccupé par tout comportement agressif à leur égard, et demande que les auteurs de tels actes soient amenés à en répondre;

17. Souligne qu'il importe d'avoir une communication stratégique dynamique, et prie instamment l'UNFICYP de renforcer les efforts en cours en matière de surveillance et de lutte contre la désinformation et la mésinformation;

18. Demande de nouveau à la partie chypriote turque et aux forces turques de rétablir à Strovilia le statu quo militaire qui existait avant le 30 juin 2000, et réaffirme qu'il importe de respecter la liberté de circulation de l'UNFICYP;

19. Invite de nouveau instamment les dirigeants des deux communautés à se mettre d'accord et à continuer d'appliquer un plan de travail pour rendre l'île de Chypre exempte de mines et à éliminer les obstacles en cours à ces activités, comme énoncé au paragraphe 17 du rapport du Secrétaire général (S/2026/8), de façon à progresser rapidement en ce qui concerne le déminage des 29 zones de l'île qui demeurent potentiellement dangereuses;

20. Prie le Secrétaire général de s'acquitter des activités et des obligations existantes ci-après dans le cadre de la planification et de la conduite des opérations de l'UNFICYP, dans les limites du mandat et de la zone d'opérations et conformément aux directives et règlements des Nations Unies en vigueur:

a) les exigences relatives aux femmes et à la paix et à la sécurité qui ont été énoncées dans la résolution 1325 (2000) et dans toutes les résolutions pertinentes, en particulier en cherchant à augmenter le nombre de femmes au sein de l'UNFICYP, conformément à la résolution 2538 (2020), notamment en veillant à la participation pleine, égale et véritable de ces dernières aux activités de la Force à tous les niveaux et dans toutes les fonctions, y compris aux postes d'encadrement de haut niveau, en garantissant à toutes les femmes un environnement de travail sûr, favorable et qui tienne compte de leurs besoins dans le cadre des opérations de maintien de la paix, ainsi qu'en prenant pleinement en considération, dans toutes les activités inscrites au mandat de la mission, la question des femmes et de la paix et de la sécurité et en réaffirmant l'importance de compétences suffisantes en matière de genre dans toutes les composantes de la mission et du renforcement des capacités s'agissant d'exécuter le mandat de la mission en tenant compte des questions de genre;

b) les dispositions relatives à la performance des opérations de maintien de la paix énoncées dans les résolutions 2378 (2017) et 2436 (2018);

c) les politiques de tolérance zéro de l'Organisation à l'égard des fautes graves, de l'exploitation et des atteintes sexuelles et du harcèlement sexuel, ainsi que toutes les mesures prévues par la résolution 2272 (2016), et le prie de le tenir informé de tous cas de conduite répréhensible au regard de ces politiques;

d) l'application de procédures d'évacuation sanitaire primaire et secondaire plus efficaces et le déploiement de davantage de capacités d'évacuation sanitaire secondaire;

e) la prise de mesures énergiques et efficaces pour améliorer la planification et le fonctionnement des installations et des dispositifs de sûreté et de sécurité de l'UNFICYP;

f) les exigences relatives aux jeunes et à la paix et la sécurité, conformément aux résolutions 2250 (2015), 2419 (2018) et 2535 (2020);

21. Demande instamment aux pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police de continuer de prendre des mesures appropriées pour prévenir l'exploitation et les atteintes sexuelles, notamment en vérifiant les antécédents de tous les membres du personnel et en organisant une formation de sensibilisation avant et pendant le déploiement, de veiller à ce que les membres de leurs contingents qui se rendraient coupables de tels actes aient à en répondre pleinement, y compris en ouvrant rapidement des enquêtes pour toutes allégations d'actes d'exploitation ou d'atteintes sexuelles, de prendre des mesures disciplinaires et de signaler intégralement et rapidement à l'Organisation toutes les mesures prises à cet égard, et prie le Secrétaire général, conformément à ses résolutions 2272 (2016) et 2436 (2018), de rapatrier leurs unités lorsqu'il existe des preuves crédibles qu'elles ont commis des actes d'exploitation et d'atteintes sexuelles de manière généralisée ou systématique;

22. Demande aux pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police d'appliquer les dispositions de la résolution 2538 (2020) et de toutes les autres résolutions portant sur la réduction des obstacles à la participation des femmes à tous les niveaux et dans toutes les fonctions dans les opérations de maintien de la paix et sur l'accroissement de cette participation, notamment en garantissant à toutes les femmes un environnement de travail sûr, favorable et qui tienne compte de leurs besoins dans le cadre des opérations de maintien de la paix;

23. Prend note de la stratégie du Département de l'appui opérationnel intitulée « Aller de l'avant: stratégie environnementale pour les opérations de paix (2023-2030) »;

24. Prie le Secrétaire général de lui présenter d'ici au 6 juillet 2026 et au 4 janvier 2027, respectivement, deux rapports sur sa mission de bons offices, notamment sur les progrès accomplis pour parvenir à un point de départ consensuel en vue de négociations constructives, axées sur les résultats et qui aboutissent à un règlement, engage les dirigeants des deux communautés à tenir la mission de bons offices du Secrétaire général informée tous les six mois, par écrit, des mesures qu'ils auront prises à l'appui des dispositions de la présente résolution après son adoption, en particulier en ce qui concerne les paragraphes 7, 8, 9 et 10 en vue de parvenir à un règlement global et durable, prie également le Secrétaire général de faire figurer les informations ainsi reçues dans ses rapports sur sa mission de bons offices, et le prie en outre de lui présenter d'ici au 6 juillet 2026 et au 4 janvier 2027, respectivement, deux rapports sur la suite donnée à la présente résolution et de lui fournir des analyses intégrées, reposant sur des données factuelles, des évaluations stratégiques et des conseils francs, en exploitant les données recueillies et analysées au moyen du Système complet de planification et d'évaluation de la performance, la mise en œuvre par la mission du cadre intégré de responsabilité et de gestion de la performance dans les missions de maintien de la paix et d'autres outils de planification stratégique et de mesure des performances, afin de déterminer l'impact de la mission et sa performance globale, y compris des informations sur les restrictions non déclarées, le refus de participer à des patrouilles ou de mener des patrouilles et leurs incidences sur la mission et sur la manière dont les signalements de résultats insuffisants sont traités et de le tenir informé de l'évolution de la situation, en fonction des besoins;

25. Décide de rester saisi de la question.

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