SSP-VPOD - Syndicat des Services Publics

05/19/2026 | News release | Distributed by Public on 05/19/2026 10:02

Préparer une riposte nécessaire

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La mobilisation pour s'opposer à l'initiative xénophobe de l'UDC bat son plein. Les sondages prédisent une issue incertaine. Le 29 avril, un sondage 20 Minutes/Tamedia faisait état d'un taux de 52% d'avis positifs à l'égard du texte de l'UDC (46% de oui et 6% de plutôt oui), contre 46% de rejet (43% de non et 3% de plutôt non), 2% des sondé·es étant indécis·es. Le 8 mai dernier, le sondage SSR mettait les partisan·es (38% de oui et 9% de plutôt oui) et les opposant·es (41% de oui et 6% de plutôt oui) à égalité à 47%, avec un taux d'hésitant·es de 6%. Les semaines à venir seront à l'évidence décisives pour convaincre la population de rejeter cette attaque antisociale. Le haut pourcentage de soutien à cette initiative s'explique sans doute par la dégradation des conditions de vie de la population qu'exploite l'UDC en proposant des analyses pseudo-logiques mais trompeuses visant à désigner les étrangers·ères comme les responsables de tous les problèmes sociaux existants.

Si les difficultés sont bien réelles, elles ne sont bien entendu pas dues à la population immigrée, mais aux politiques menées par la droite et le patronat contre la majorité des salarié·es de ce pays. L'UDC participe pleinement à ces attaques, tout comme l'aile du patronat qui rejette l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» en mettant en avant des arguments xénophobes qui renforcent le venin de l'UDC au nom de la lutte contre ce qui a été nommé «l'initiative du chaos».

On peut légitimement s'interroger sur le sens et les conséquences du partage de cette appellation entre les associations patronales et le mouvement syndical.

Toujours est-il que l'heure est à la présence sur les lieux de travail et dans les rues pour argumenter et convaincre nos collègues qui ont le droit de vote de rejeter cette initiative antisociale et xénophobe. Par son attaque ciblant les droits des immigré·es, l'UDC entend fragiliser l'ensemble des salarié·es. Développer une approche axée sur la défense des droits égaux pour toutes et tous est essentiel, pour gagner cette votation et pour préparer une riposte nécessaire, car les attaques xénophobes et antisociales ne s'arrêteront pas à cette votation et vont se poursuivre. Mentionnons uniquement le mépris démontré par le Parlement à l'égard des conditions de travail des soignant·es ou la démolition des salaires minimaux cantonaux qui se prépare à Berne.

Parmi ces attaques, l'offensive de remilitarisation de la société joue un rôle important. En plus d'augmenter le budget de l'armée, la majorité bourgeoise a en effet décidé à la fois d'assouplir la Loi sur le matériel de guerre, pour augmenter les profits de l'industrie d'armement (nous voterons sur cet objet), et de durcir les conditions d'accès au service civil. Nous votons sur ce dernier objet le 14 juin prochain. Rappelons que le service civil permet à ceux qui ont un conflit de conscience d'effectuer des tâches d'intérêt public (domaine social, santé, instruction ou protection de la nature) à la place du service militaire. La durée du service civil est une fois et demie plus longue que celle du service militaire. La majorité bourgeoise a pour objectif de durcir les conditions d'accès au service civil afin de faire passer le nombre de civilistes de 7200 à 4000 par année (moins 40%) et, ainsi, de renforcer les effectifs de l'armée, alors que ces derniers sont déjà au-delà de ce que prévoit la loi (147 000 soldats contre 140 000). Si on ajoute à cela la volonté du gouvernement d'introduire une journée d'information obligatoire sur l'armée pour les femmes, on comprend que l'offensive militariste va continuer à se déployer. Il est donc important de s'y opposer dès maintenant en votant NON à la révision proposée le 14 juin prochain.

En effet, durcir les conditions d'accès au service civil - et donc les conditions permettant d'effectuer des tâches d'intérêt public - pour renforcer l'institution militaire, dont le rôle répressif n'est plus à démontrer, revient à encourager les tendances autoritaires et virilistes qui se développent aux dépens des services publics, de l'égalité et de la solidarité.

SSP-VPOD - Syndicat des Services Publics published this content on May 19, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on May 19, 2026 at 16:02 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]